22 novembre 2016

Débat des candidats au Bâtonnat : Les réponses de Monsieur Olivier Cousi et de Madame Nathalie Roret au questionnaire de l’UJA de Paris

Général:

 

  1. Si vous êtes élus, vous inscrirez-vous plutôt en rupture ou dans la continuité de vos prédécesseurs?  

Le mandat du bâtonnier s’inscrit dans une temporalité particulièrement contrainte, il faut de la continuité.

Nous sommes candidats pour :

Un Bâtonnat de continuité parce qu’il ne s’agit pas de rompre avec ce qui a été fait précédemment et qui fonctionne, notamment le Campus, l’Incubateur ou les mesures de transparence qui ont été mises en œuvre dans le dernier bâtonnat ou encore les Etats Généraux de la collaboration menés par le Conseil de l’Ordre en la personne de Caroline Luche Rocchia, grâce à l’excellent travail que fait l’UJA.

Un Bâtonnat de rupture parce que nous sommes pour un ordre qui déménage. Et ce n’est pas un simple slogan; c’est l’axe central de notre candidature : inscrire notre profession dans le XXIème siècle, rassembler toutes les composantes actives de la profession pour l’inscrire  dans la modernité; mettre en ordre de marche un ordre de conquête,  transparent et rendant des services aux avocats du Barreau de Paris ; mettre en œuvre des réformes immédiates pour protéger et dynamiser notre profession : restaurer la confiance dans le contrat de collaboration libérale, mise en place d’une commission ordinale dédiée, élargissement de l’assurance perte de collaboration, mesures en faveur de l’égalité professionnelle, de la parentalité, création de l’Institut du Barreau de Paris, encadrement déontologique et conventionnel des LegalTech, actions pour valoriser et défendre le secret professionnel.

 

  1. Quel est votre regard sur le bilan Justice des gouvernements successifs depuis l’alternance de 2012 ?

Tout le monde s’accordera à déplorer que depuis très longtemps déjà, et quelle que soient les majorités, la Justice est le parent pauvre de nos gouvernants. Il nous suffit, nous auxiliaires de Justice, de se rendre dans les juridictions, dans les greffes, dans les prisons et la liste serait longue des dysfonctionnements quotidiens, (des rôles surencombrés, des jugements en attente de rédaction, du manque flagrant de moyens, etc.) pour le constater.

Sur le plan budgétaire, l’augmentation programmée à 32€ de l’Unité de Valeur pour l’A.J. demeure totalement hors de proportion avec la dignité de la défense

Et même si on constate de récentes et légères améliorations, l’effort budgétaire a d’ailleurs été si peu assumé et continu, que le ministère, exsangue, a un moment voulu faire financer l’aide juridictionnelle par les avocats !

C’est un des symptômes de la crise de reconnaissance et de confiance dont les avocats sont victimes et qui menace l’existence même de la profession. Nous réagirons vite et fort pour faire connaître et reconnaître le rôle social et la place centrale de l’avocat dans l’accès à la justice et la sécurité juridique.

  1. Quelle est votre conception de l’Avocat du 21ème siècle ?

L’avocat du 21ème siècle est tout d’abord l’avocat qu’il a toujours été : l’avocat de la défense, l’avocat des libertés, l’avocat qui s’engage.

Mais l’avocat du 21ème siècle est aussi, évidemment, celui qui s’inscrit dans son temps, comme il l’a toujours fait, pour accomplir sa mission : c’est un avocat connecté, utilisant les mutations technologiques afin de mieux s’adapter aux nouvelles demandes des justiciables.

C’est enfin un avocat qui comprend parfaitement le monde de l’entreprise, qu’il peut aider opérationnellement dans le suivi juridique de ses affaires et qui sera de plus en plus tourné vers l’international et particulièrement l’Afrique.

 

Formation:

 

  1. Quelles mesures comptez-vous prendre pour assurer la pérennité des équipes et des enseignements à l’EFB, ainsi que le respect du programme national ?

Concernant la formation, il faut une formation des formateurs pour apprendre à transmettre les connaissances/l’expérience, des formateurs bien formés pour une formation de qualité et professionnalisante.

A l’EFB ce qui fonctionne formidablement bien c’est l’Ecole de la Défense. C’est ce bel  exemple qu’il faut suivre : constituer des pools d’avocats spécialisés dans chaque matière, les former, le cas échéant, à transmettre leurs connaissances et leur expérience.

 

  1. Avec la collaboration qualifiante, quelles mesures comptez-vous prendre pour permettre l’entrée dans la profession des 35% d’élèves-avocats de l’EFB qui ne trouvent pas de collaboration ?

A notre connaissance, les modalités de la mise en œuvre de la collaboration qualifiante sont toujours en discussion, mais, élus, nous pèserons de tout notre poids au CNB pour permettre au plus grand nombre de jeunes confrères sortis de l’Ecole de trouver des postes de collaborateur. Là encore, nous comptons sur l’expérience et le travail de l’UJA et nous nous engageons à faire bénéficier l’UJA de moyens et d’un local décent dans le cadre du déménagement.

 

  1. Vice-Président de droit du Conseil National des Barreaux, quelle réforme de la formation initiale pourriez-vous proposer ?

Les avocats devront être présent plus en amont dans l’organisation et les jurys de l’examen d’entrée

De manière préliminaire, il faut que les Écoles de formation soient clairement conçues comme des écoles professionnelles et non comme un nouvel étage universitaire. Il s’agit dès lors d’offrir un enseignement utile fondé sur un corpus déontologique renforcé, sur des mises en situation (à l’écrit et à l’oral) et sur des formations en gestion de carrière, développement de clientèle et gestion de cabinet. Il faut ensuite poursuivre l’élan donné par la réforme de l’examen national en mettant l’accent sur le contrôle continu afin que les élèves-avocats puissent intégrer rapidement la profession.

 

Collaboration:

 

  1. Quels moyens concrets entendez-vous mettre en œuvre pour faire respecter les conditions de la collaboration libérale et, notamment, la possibilité de développer une clientèle personnelle ?

Nous avons mené une très longue réflexion sur la collaboration libérale en écoutant tout particulièrement les remarques et propositions de nos jeunes confrères. Il en ressort que la souplesse de la collaboration libérale est appréciée mais qu’il existe une véritable demande pour un meilleur encadrement.

L’Ordre n’hésitera plus à sanctionner sévèrement toutes les dérives afin de s’assurer de l’exécution loyale du contrat de collaboration libérale. Il assurera ainsi un contrôle effectif des contrats de collaboration. Un contrôle a priori sur les contrats et un contrôle en cours d’exécution des contrats ainsi toute décision de requalification donnera lieu à une saisine déontologique et, si nécessaire, disciplinaire. Pour ce faire, nous créerons une commission ordinale de la collaboration libérale, ouverte aux syndicats, pour faire l’évaluation des situations et indiquer aux confrères un interlocuteur dédié à ces questions.

D’autre part, afin d’aider les cabinets dans la gestion de leurs équipes, une formation en management ainsi qu’aux techniques de mentorat sera proposée. Et de manière plus générale, la formation sur la gestion, le recrutement ou le management des cabinets et la gestion de carrière sera repensée à l’EFB puis renforcée dans la formation continue.

 

  1. L’UJA propose que l’assurance responsabilité professionnelle des collaborateurs soit fonction du montant du chiffre d’affaires généré par leur clientèle personnelle à l’exclusion de la rétrocession d’honoraires perçue de leur cabinet. Qu’en pensez-vous?

Dans le cadre de la collaboration libérale, les collaborateurs sont responsables -certes partiellement- des dossiers qu’ils traitent pour le cabinet. Il n’est donc pas souhaitable qu’ils ne soient pas couverts par une assurance de responsabilité professionnelle pour cette part. En outre, certains collaborateurs ne développant pas de clientèle personnelle, cela pourrait les conduire à ne pas s’assurer, avec tous les risques que cela comporte.

 

  1. Le tarif minimum de l’Ordre reste très inférieur au tarif UJA. Vous engagez-vous à augmenter ce tarif minimum pour le mettre au niveau du tarif UJA si vous êtes élu(s) ? Si oui, dans quels délais ? Si non, quelles mesures adopterez-vous pour permettre à des confrères de vivre avec moins de 1 000 euros par mois, charges déduites ?

Le tarif UJA et les modalités de calcul très concrètes qui permettent de le réaliser sont très utiles pour les Cabinets et les collaborateurs dans la négociation de la rétrocession.

En tout premier lieu, il est important de rappeler que, à Paris, 80% des cabinets payent leurs collaborateurs au tarif UJA. Dès lors, les cabinets qui se fondent sur le tarif ordinal pour évaluer les rétrocessions sont le plus souvent de très petites structures à la trésorerie contrainte. Il ne s’agit donc pas de les asphyxier avec un système trop rigide.

Sur la base des modalités de calcul du tarif UJA et particulièrement de la situation des jeunes avocats et de leur pouvoir d’achat à Paris, nous engagerons une réévaluation du  tarif ordinal qui donnera lieu à débat et vote en conseil de l’ordre.

Enfin et surtout les travaux de la Commission ordinale de la collaboration libérale permettront de s’assurer avec une particulière vigilance que les cabinets qui l’appliquent laissent suffisamment de temps et de moyens à leurs collaborateurs pour développer leur clientèle personnelle (par exemple avec un questionnaire tous les 6 mois).

 

Exercice/Installation:

  1. Quel avenir pour les collaborateurs senior ?

La collaboration libérale est un mode d’exercice dont il fait conserver la souplesse et la diversité.

La Commission ordinale de la Collaboration libérale aura vocation à suivre la carrière des collaborateurs de la première collaboration jusqu’à l’installation. Et donc y compris les collaborateurs seniors. Les travaux de la Commission seront ouverts aux représentants des Cabinets et des syndicats pour partager les bonnes pratiques et orientations en la matière et faire des recommandations, mais c’est une question qui est de la responsabilité des Cabinets et des collaborateurs libéraux et à laquelle il ne peut être répondu par la création de droits spécifiques aux collaborateurs seniors ni par « l’élaboration » d’un statut du collaborateur senior.

Le collaborateur senior est un collaborateur comme un autre qui bénéficie des mêmes droits auxquels nous sommes naturellement fermement attachés.

 

  1. Quels moyens concrets pour favoriser l’association des collaborateurs et inciter les cabinets à se positionner sur leur association ?

 

(Des échanges de bonnes pratiques et recommandations, voir réponse au point 1 ci-dessus)

 

  1. Quelles mesures pour accompagner et faciliter l’installation ? Quel budget (en euros ou en moyens humains) y affecterez-vous ?

Nous mettrons en place à l’Ordre un guichet unique destiné à aider guider et faciliter l’installation. En outre nous mettrons à disposition une interface en ligne donnant accès à un « simulateur » d’installation en lien avec le Barreau entrepreneurial et avec l’UJA dont le guide en la matière est très utile.

Avec les services de la Mairie de Paris nous explorerons les possibilités d’accès à des locaux professionnels détenus par les bailleurs sociaux et particulièrement dans les quartiers où la présence de l’avocat est déficiente.

 

Entreprises:

 

  1. Le barreau d’affaires est une composante importante du Barreau de Paris. Pour autant il se sent éloigné de son ordre. Les TPE/PME font savoir qu’ils ont un besoin de droit important non satisfait et d’une plus grande proximité avec les avocats. Quelles mesures proposez-vous favoriser la rencontre entre le barreau d’affaires et les TPE/PME.

 

Les Cabinets qui pratiquent le droit des affaires sont de tailles très variables, leurs besoins peuvent être différents. Nous favoriserons toutes les initiatives qui permettront au barreau d’affaires d’être présent, notamment dans les salons professionnels des TPE/PME afin de donner une visibilité à notre expertise et de favoriser la rencontre entre l’offre et les demandes.

Une journée de l’avocat en droit des affaires à Paris sera créée ; le faire savoir par des campagnes de publicité et une information ciblée auprès de la CCI et des syndicats professionnels,  des artisans, commerçants etc … A cette occasion, avec la Mairie de Paris, nous mettrons en place des consultations gratuites destinées aux TPE/PME

Les LegalTech étant d’abord consultées par des personnes physiques ou des TPE/PME, les cabinets du barreau d’affaire seront encouragés à mettre en œuvre des partenariats avec les partenaires Legaltech qui seront labellisés par l’Ordre

 

  1. Dans un contexte de concurrence agressive, quelles mesures proposez-vous pour mettre en avant le barreau d’affaires parisien ?

Les avocats du Barreau de Paris qui travaillent en droit des affaires sont extrêmement réputés pour la qualité de leurs activités et de leurs membres. Nous devrons favoriser une communication et une publicité plus large de leurs activités.

Nous développerons la visibilité et le rayonnement de Paris Place de droit, dans le domaine du numérique comme des Modes alternatifs de règlement des différends, en Europe, notamment à l’occasion du Brexit, mais aussi dans d’autres pays du monde.

L’Ordre passera des accords avec les barreaux étrangers, pour favoriser l’accès des cabinets d’affaires parisiens et de leurs clients aux marchés juridiques, particulièrement en Afrique. Nous le renforcerons en encourageant les formations internationales à l’EFB.

Le bâtonnier et le vice-bâtonnier seront les porteurs de la qualité et de la compétence du Barreau de Paris dans les rencontres d’affaires ou diplomatiques où la France pourra faire valoir sa place centrale dans le droit continental et la Francophonie.

 

  1. Que proposez-vous pour améliorer le rayonnement du barreau d’affaires parisien ?

L’Institut du Barreau de Paris que nous voulons mettre en place sera le pôle d’excellence où se rencontreront les avocats, les Universités et les entreprises pour mettre en œuvre les points évoqués au 2. ci-dessus.

Nouvelles technologies:

  1. Comment souhaitez-vous engager notre ordre face aux évolutions présentes et à venir (ex:  intelligence artificielle ) des nouvelles technologies?

Nous souhaitons que notre Ordre soit pleinement intégré dans la réflexion autour des nouvelles technologies afin que nos confrères puissent les utiliser comme des outils et des atouts et non les subir comme de nouveaux concurrents. Pour ce faire, nous finaliserons tout d’abord la Charte éthique dont Olivier a assuré la direction scientifique au sein d’Open Law. Ensuite, nous défendrons la régulation de l’activité de services juridiques dans toute son étendue par des actions de lobbying mais aussi judiciaires si cela se révèle nécessaire. Enfin, l’Ordre instaurera une labélisation sélectionnant, au profit des avocats et du public, les acteurs innovants du marché des Legal Tech.

 

  1. Comment rêvez-vous l’incubateur ? (un vrai think tank / un accélérateur de jeunes pousses / un organisme de formation / tout et surtout n’importe quoi / autre ?)

A notre sens, l’incubateur doit évoluer en étant professionnalisé et renforcé, sur le modèle d’un véritable Think Tank, ouvert sur les universités et les entreprises en coopération avec l’Institut du Barreau de Paris et en relation avec la Commission Prospective du CNB.

 

  1. Quel est votre plan d’action pour tenter d’aller plus loin dans la communication électronique avec les juridictions?

Les systèmes de communication électroniques doivent évoluer et s’adapter en permanence, les compétences pour suivre et proposer des évolutions devront être mobilisées à l’Ordre et au CNB.

Par ailleurs, la clé RPVA devrait être gratuite car elle est de facto obligatoire pour exercer en contentieux et il n’est pas normal de devoir payer 162 euros pour exercer son métier.

 

Egalité professionnelle: 

 

  1. Depuis 30 ans, les femmes sont chaque année plus nombreuses que les hommes à prêter serment. Si l’on considère qu’il faut en moyenne 10 ans pour devenir associé.e, si le marché s’autorégulait correctement, aujourd’hui, il devrait y avoir autant d’hommes que de femmes associé.e.s dans tous les types de structures et toutes matières confondues. Or, la situation est la suivante : les femmes ne représentent que 32% des associé.e.s (majoritairement dans les petites structures et pratiquent essentiellement le droit de la famille et le droit social) et seulement 20% des associé.e.s des cabinets d’affaires. 

1.A : Comme le marché ne s’autorégule pas de lui-même, l’Ordre doit-il intervenir ? Répondre simplement par oui ou non.

Les femmes deviennent majoritaires dans la profession et le nombre d’associés femmes augmente en conséquence naturellement. Le fait qu’il y ait encore moins de femmes s’explique malheureusement par le fait qu’une grande proportion de ces dernières quitte la profession assez rapidement. Il est regrettable qu’il n’y ait plus à l’Ordre une commission dédiée à ce combat qui mérite une mobilisation exemplaire pour partager et valoriser les bonnes pratiques qui permettent aux femmes un parcours professionnel égalitaire.

 

1.B : Si oui, quelles mesures concrètes doit-il prendre ?

Toutes discrimination doit être fermement dénoncée et combattue.

L’incitation et le partage d’expérience peut permettre une amélioration et nous créerons un système de parrainage au sein du barreau entre les jeunes avocates collaboratrices ou à leur compte et les femmes associées afin de motiver les jeunes avocates et de créer une transmission d’expérience.

 

1.B.1 – Vis-à-vis des petites structures

1.B.2 – Vis-à-vis des grosses structures (cabinets d’affaires) 

(Idem que ci-dessous)

 

  1.    Dans sa décision du 25 novembre 2015, le Défenseur Des Droits a considéré qu’un cabinet qui avait remercié sa collaboratrice 12 jours après son retour de congés maternité après une collaboration de plus de 5 ans avait rompu le contrat de collaboration pour un motif discriminatoire. Accessoirement, lors de son enquête, le Défenseur des Droits a pu constater que ce cabinet n’en était pas à sa première collaboratrice remerciée à son retour de congés maternité… Le Défenseur Des Droits a saisi le Bâtonnier et le Conseil de l’Ordre. Cela fait presque un an. Depuis rien. 

Si vous êtes élu.e.s que ferez-vous ? 

Il n’est tout d’abord pas normal que l’Ordre n’ait pas offert à notre Consœur la possibilité de faire valoir ses droits au point qu’elle a été contrainte de saisir le défenseurs des droits… et il n’est pas normal de ne pas avoir répondu au Défenseur des Droits.

Il est ensuite parfaitement anormal qu’il ait été mis fin au contrat de cette consœur dans ces conditions et l’ouverture de procédures et poursuites déontologiques ou disciplinaires sont nécessaires.

Une de nos premières priorités sera donc d’instaurer un référé déontologique d’heure à heure afin de traiter les manquements graves et évidents. Pour réduire les délais, nous instaurerons en outre une passerelle entre la commission difficulté d’exercice en collaboration et la commission disciplinaire.

De manière plus générale, nous serons très attentifs à ce l’Ordre sanctionne toutes les atteintes à l’exécution loyale du contrat de collaboration et nous serons d’une vigilance toute particulière  sur les questions d’égalité professionnelle.

 

  1.   Les recettes de la carpa diminuant, le budget de l’Ordre va également en souffrir. Pensez-vous que Chance Maternité et Paternité doivent impérativement être préservés ? Vous y engagez-vous ? 

Bien entendu le dispositif Chance Maternité et Paternité doit être impérativement préservé, il n’est nullement question de remettre en cause les acquis obtenus mais au contraire de les approfondir.

A cet égard, nous instaurerons notamment l’avance des indemnités maternité par l’Ordre aux Cabinets pour que le congé maternité ne pose plus de difficulté de trésorerie, source de tension entre les cabinets et leurs collaboratrices. Nous mettrons en place une équipe dédiée et un service d’aide à la recherche de modes de garde plus flexibles pour les enfants d’avocats (lobbying auprès des pouvoirs publics afin d’ouvrir le bénéfice du CIF aux avocats, mise en place de réseaux de connexion entre avocats, réflexion sur la réservation de places en crèches, la création d’une halte-garderie à proximité du Palais de justice et/ou de micro-crèches dans Paris).

 

Pénal et libertés:

 

  1. Au cours d’une même permanence pénale, poser la règle d’un nombre maximal de dossiers par avocat commis d’urgence ne favoriserait-il pas une défense d’urgence d’excellence ?

IL est indispensable de maintenir une défense d’urgence d’excellence et de diminuer le nombre de dossiers par avocat. Surtout, il est primordial de leur permettre de travailler dans de meilleures conditions en leur donnant accès à un poste informatique et à une imprimante en commun et d’arrêter en tout état de cause l’expérimentation désastreuse des tablettes qui ne sont absolument pas adaptées à la plaidoirie.

Si nous sommes élus, le bâtonnier rencontrera une fois par trimestre le Président du Tribunal pour faire le point et produire un rapport moral sur le fonctionnement de la défense pénale d’urgence.

 

  1. Quels combats comptez-vous mener en matière de droits de la défense, par exemple quant à l’accès au dossier en garde à vue qui se limite pour l’instant à un dépôt aussi systématique qu’inutile d’observations auprès des policiers ?

Ce combat doit continuer.

Afin que notre voix porte en ce domaine particulièrement sensible, il est tout d’abord primordial que nous exercions une présence constante et active auprès des institutions en nous concertant avec le CNB pour éviter toute cacophonie.

Plus spécifiquement, nous inciterons les avocats commis d’office à toujours développer des conclusions en nullité et mènerons le combat pour la sauvegarde de notre secret professionnel.  Depuis les terribles événements qui ont eu lieu sur notre sol, le législateur a la forte tentation de le réduire au minimum comme l’ont clairement illustrée la Loi renseignement de 2015 ou encore les incertitudes qui pèsent aujourd’hui autour de la Loi sur les lanceurs d’alerte (Sapin 2).

 

  1. Quels sont les grands combats à mener prioritairement par les avocats en matière de libertés fondamentales ?

 

Nous devons lutter contre l’état d’urgence permanent dans lequel l’autorité judiciaire est écartée et les contraintes renforcées sur l’exercice de la défense.

Nous devons dénoncer les conditions dans lesquelles les comparutions immédiates fonctionnent aujourd’hui, informer le public du manque de moyen et de l’état désastreux de la justice qui est rendue en leur nom.

Le droit d’être défendu et assisté par un avocat libre et indépendant dans un lien de confiance protégé par le secret professionnel doit être défendu avec acharnement devant toutes les juridictions, les pouvoirs publics et jusque devant le Conseil Constitutionnel qui pourra être saisi à tout moment.

 

Accès au droit et Pro Bono:

 

1/ Sur l’accès au Droit et les discussions sur l’AJ

Dans le cadre des négociations actuelles sur l’aide juridictionnelle le Barreau de Paris n’est plus un interlocuteur de la chancellerie. Pensez vous que le bâtonnier de Paris doit être présent dans ces négociations ? Dans l’affirmative, quelles actions entendriez-vous mener pour réintégrer la table des négociations ?

Pour toute question qui concerne les avocats au Barreau de Paris, le bâtonnier de Paris  doit être présent dans ces discussions, mais il doit y avoir une concertation en amont avec le CNB, il faut parler d’une seule voix.

 

2/ Sur le Pro-Bono 

2.1 Le Barreau de Paris Solidarité célèbre chaque année les actions Pro-Bono menée par les Avocats du Barreau de Paris lors de la soirée des Trophées Pro Bono, quelle est votre définition du Pro-Bono ?

 

En offrant un service gratuit aux plus démunis, nous nous inscrivons pleinement dans notre serment et participons au delà des frontières sociales au rayonnement du Barreau.

 

2.2  Les élèves avocats au cours de leur formation sont sensibilisés aux actions Pro Bono et d accès au droit du barreau de Paris en effectuant une permanence au bus de la solidarité ou dans des points d accès au droit. Or, peu d entre eux poursuivent une fois qu’ils ont prêté serment si le cabinet où ils exercent n’a pas ses propres actions Pro Bono. Pensez-vous que l’Ordre puisse avoir un rôle incitatif ou d’accompagnement pour les jeunes Confrères qui souhaitent s’investir dans le Pro-Bono ?

 

L’Ordre passera des accords avec des associations et multipliera les occasions de services pro bono qui pourront être traités par les confrères et continuera à le faire savoir.

Les demandes ne manquent pas.

 

Conseil National des Barreaux:

 

  1. Vice-Président de droit du CNB, offririez-vous au CNB à l’occasion de ses 25 ans comme cadeau d’anniversaire le suffrage universel direct, seul garant d’une vraie légitimité, sur le Collège ordinal ?

 

Oui, nous sommes favorables au suffrage universel direct.

2. Mettrez-vous fin aux Affaires Publiques de l’Ordre de Paris pour laisser toute sa place au CNB, seule institution représentative des avocats de France?

 

En qualité de bâtonnier du Barreau de Paris, nous nous exprimerons dans l’intérêt des avocats du Barreau de Paris.

Le barreau de Paris représente un peu moins de la moitié des avocats de France, par sa situation particulière dans une France centralisatrice et centralisée et les caractéristiques des conditions d’exercice dans la métropole du grand Paris, il présente des spécificités et il ne serait pas raisonnable d’envisager de le museler lorsqu’il doit parler pour lui-même, de la même manière d’ailleurs que chaque barreau a le droit de s’exprimer pour lui-même.

En concertation avec le CNB, nous pourrons parler d’une seule voix sur les questions nationales.

 

  1. Si vous êtes élus, le Barreau de Paris se conformera-t-il toujours aux positions et orientations fixées par le CNB?

(Idem que ci-dessus)

 

Organisation du Conseil :

 

  1. Comment envisagez-vous l’expression démocratique au sein du Conseil de l’ordre?

L’expression démocratique doit être plus participative, nous ferons dès lors en sorte que tout avocat puisse poser une question directement à l’Ordre.

En outre, pour les engagements d’importance majeure qui portent sur plusieurs mandats ou dépassent financièrement 10% du budget de l’Ordre, et afin de renforcer l’adhésion démocratique au sein du Barreau dans son entier, nous demanderons un vote de l’assemblée générale des avocats.

 

  1. Quel premier bilan tirez-vous de la retransmission en ligne des débats des réunions du conseil? La maintiendrez-vous ?

Nous maintiendrons cette retransmission puisque le bilan est positif. Cette retransmission crée de la proximité avec le Barreau et accroît la transparence.

 

  1. L’efficacité d’une institution se mesure à l’aune de sa gouvernance. Quelles mesures proposez-vous pour améliorer l’efficacité de notre ordre ?

La polémique électorale entretenue au sujet de la MODA en est la preuve, l’Ordre souffre d’un déficit de démocratie. Les institutions qui fonctionnaient pour 10.000 confrères ne sont plus assez entendues et comprises lorsque nous sommes 30.000.

Entre la démocratie représentative au travers du Conseil de l’Ordre qui fonctionne mal aujourd’hui et l’utopie de la démocratie directe, entretenue par les outils de communication, nous devrons mettre en place des outils de démocratie participative.

Nous lancerons une grande consultation pour une nouvelle constitution des avocats.

Pour les confrères l’Ordre sera organisé comme une entreprise à votre service pour mériter l’adhésion. Pour cela nous organiserons notre Ordre afin de clarifier la séparation entre ses fonctions de régulation (tableau, déontologie, discipline), celles d’accompagnement de l’activité et du développement des engagements et entreprises de tous les avocats du Barreau de Paris et celles de défense des intérêts de ses membres (lobbying, communication, représentation nationale et internationale…).

Par une gestion rigoureuse de nos finances, notre Ordre se concentrera sur ses missions essentielles et préparera l’avenir de la profession.

 

En conclusion :

 

  1. Quel est votre principal projet, votre principale ambition pour le Barreau de Paris ?

Le rassemblement sans exclusive de toutes les forces disponibles, la restauration de la confiance de et dans nos confrères. L’union  fait la force. Tous ensemble les avocats  formeront un Barreau uni et fort de sa diversité, de son  patrimoine de son histoire  et de son niveau d’excellence incomparable dans de multiples domaines du droit.

Au travers de l’Institut du Barreau de Paris dont nous valoriserons la marque, nous créerons une véritable enseigne et un pôle d’excellence reconnu dans le monde, Il pourra, notamment, prendre en charge la recherche et le développement ou la capacité à créer de la doctrine en partenariat avec les universités les entreprises et la haute administration française.

Nous voulons un barreau apaisé et un barreau d’excellence

 

  1. Avez-vous un message pour les jeunes avocats ?

 

Connaissez vos forces et vos faiblesses, explorez des territoires inconnus, développez l’esprit d’aventure, bousculez nous, prenez en main votre destin, soyez audacieux et, surtout, prenez du plaisir et soyez heureux dans l’exercice de votre métier.

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