26 janvier 2017

La tête contre les murs

Par Nathalie FAUSSAT
Président d’honneur de l’UJA

Le 10 octobre dernier, à la Première Chambre de la Cour d’appel de Paris, le Barreau recevait Robert Badinter pour commémorer le 25ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort.

Le « barreau en images » montre Robert Badinter, à l’issue de cette cérémonie, appelant, pour le monde, à une abolition universelle de la peine de mort, mais rappelant que s’il y a bien un chantier, pour la France, c’est celui des prisons, afin que la France ait « des prisons enfin humaines et dignes de la France ».

Le placement en détention provisoire, dans les années 90, de présumés délinquants en col blanc, puis la publication du livre du médecin chef de la Santé, le Docteur Vasseur, ont généré un peu d’intérêt sur la situation carcérale.

Tous les ans l’Observatoire International des Prisons (OIP) rend son rapport.

Cette année, ce sont les conclusions des Etats Généraux de la condition pénitentiaire qui ont été rendues publiques le 20 octobre :

  • les conditions de détentions sont insatisfaisantes pour 82%,
  • la protection des droits fondamentaux est insatisfaisante à 78%,
  • la préparation à la sortie est insatisfaisante à 78%, ce que 55% des détenus citent comme une action prioritaire.

Les attentes des détenus quant à une réforme des prisons sont, prioritairement :

  • le changement du regard de la société et la mobilisation de la classe politique sur la question carcérale,
  • la réforme du droit pénal et l’amélioration des droits de la défense.

Coïncidence, le ministère de la Justice sortait le 19 octobre dernier un dossier de presse sur « les prisons en France » rappelant notamment que la loi du 9 septembre 2002 (Perben 1) avait prévu la construction de 13 200 places de détention et dont les premières « livraisons » doivent intervenir en 2007 et brossant un tableau optimiste de la condition carcérale.

Rappelons aussi qu’en janvier 2006, des condamnés à perpétuité détenus à Clairvaux avaient alerté l’opinion publique sur leurs conditions de détention en réclamant le rétablissement de la peine de mort …

Le Garde des Sceaux avait alors dénoncé une manipulation, affirmé que « la France n’a pas honte de Clairvaux » et avait ironisé « Si on les prenait au mot, combien se présenteraient ? ».

Combien de fois devrons nous encore répéter que c’est au nom du peuple français que les jugements et arrêts, notamment ceux qui condamnent à des peines d’emprisonnement, sont prononcés et exécutés.

Canal + a prévu un programme spécial « Prisons Françaises, l’urgence » du 1er au 14 novembre : témoignages tous les jours en clair « prisons hors la loi » qui pointent l’écart entre textes applicables et réalité, journée spéciale le 14 novembre.

Il est temps enfin que chacun sache et se sente responsable.

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