30 janvier 2017

3 questions de LJA à Aminata Niakate : « les jeunes avocats doivent prendre toute leur place sur les nouveaux marchés du droit »

Interview. Propos recueillis par J. M., La Lettre des Juriste d’affaires


3 questions de LJA à Aminata Niakate : « les jeunes avocats doivent prendre toute leur place sur les nouveaux marchés du droit »

Aminata Niakate est la nouvelle Présidente de l’Union des jeunes avocats de Paris (UJA), élue le 22 juin dernier. Inscrite au barreau de Paris depuis 2010, elle est spécialisée en droit des sociétés, restructuration et droit fiscal. Rencontre.

LJA : Quels sont les axes prioritaires de votre mandat à la tête de l’UJA de Paris ?
Aminata Niakate : Je souhaite que, pendant mon mandat, l’UJA continue son action de terrain et de proximité avec les confrères : qu’elle les aide à trouver une collaboration et à négocier les conditions de celle-ci, qu’elle les assiste lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés dans leur collaboration, les accompagne dans leur projet d’installation ou d’association et qu’elle les forme à appréhender leurs premiers dossiers personnels et à développer leur clientèle…
Je souhaite également que nous réfléchissions au contenu de la formation à l’École de formation du barreau (EFB), qui n’est pas toujours adaptée aux attentes des cabinets et aux exigences de la profession. Selon moi, la formation à l’EFB devrait être encore plus pratique, axée sur la déontologie et la procédure. L’EFB doit également former les élèves-avocats à être de futurs entrepreneurs, les encourager à explorer les nouveaux marchés du droit et leur donner de solides notions en comptabilité, gestion, ressources humaines, développement de réseaux et communication… elle ne doit pas revenir sur les acquis de l’université.
Je souhaite également que l’UJA de Paris s’implique davantage sur les questions de libertés publiques et de défense des droits de l’Homme et qu’elle s’ouvre encore plus à l’international.

LJA : Vous prônez davantage d’égalité homme-femme au sein de la profession. Quelles sont vos propositions dans ce sens ?

A. N. : L ‘UJA a fait un certain nombre de propositions pour favoriser l’égalité homme-femme telles que l’augmentation des indemnités Chance maternité au minimum à hauteur du tarif UJA (ou de la rétrocession si le tarif UJA est inférieur) ; l’avance des prestations maternité / paternité par l’Ordre aux cabinets, car les délais de versement aux cabinets des indemnités liées aux congés maternité et paternité, lesquels doivent être réduits, sont source de difficultés pour les cabinets qui s’acquittent immédiatement des rétrocessions d’honoraires et favorisent les ruptures de contrats de collaboration des avocats ; la création de pools de confrères « remplaçants » rattachés à l’Ordre et pouvant intervenir pour soutenir les cabinets pendant les absences maladie, maternité ou paternité des collaborateurs ; la sanction des inégalités de rémunération entre collaborateurs et collaboratrices sur la base des informations collectées par l’Ordre et la sanction effective de toutes les discriminations ; enfin, adapter les modalités d’élection pour favoriser le renouvellement et la parité hommes-femmes des institutions de la profession.

LJA : Selon vous, quels sont les éléments de modernisation de la profession nécessaires pour permettre aux jeunes avocats de réussir dans la profession ?

A. N. : Les jeunes avocats doivent tout d’abord adopter une attitude plus entrepreneuriale, conquérante et audacieuse face aux opportunités de développement qui se présentent à eux.
Plutôt que de se limiter à dénoncer l’émergence de nouveaux acteurs à l’instar de leurs aînés, les jeunes avocats doivent prendre toute leur place sur les nouveaux marchés du droit et miser sur l’indéniable valeur ajoutée des avocats (secret professionnel, compétence…) pour déjouer la concurrence pas toujours très loyale des nouveaux opérateurs du droit.

Nous vivons dans un monde en mutation et la profession doit opérer sans délai sa révolution numérique et technologique et déployer sa présence sur Internet.

L’Ordre et le Conseil national des barreaux (CNB) se doivent d’accompagner les jeunes confrères dans cette évolution et mettre à leurs dispositions des outils technologiques et numériques leur permettant de jouer à armes égales avec les nouveaux acteurs du marché du droit. À cet égard, je salue l’initiative du CNB qui prévoit enfin de mettre en place une plateforme de consultation juridique en ligne pour les avocats. La profession pourrait également réfléchir au moyen de standardiser certains actes simples en préservant la sécurité juridique de ceux-ci.

Les jeunes avocats doivent également mieux exploiter les nouvelles possibilités de communiquer et de faire de la publicité pour se rendre plus compétitifs.

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