30 janvier 2017

Aminata Niakate : « Les jeunes avocats doivent explorer les nouveaux marchés »

Propos recueillis par Capucine Coquand, Journaliste, Carrières-juridiques.com


Aminata Niakate : « Les jeunes avocats doivent explorer les nouveaux marchés »
La nouvelle présidente de l’UJA est une femme engagée. Élue le 22 juin 2015, cette écologiste militante est tombée à l’UJA par le plus grand des hasards. Retour avec Aminata Niakate sur une présidente pas comme les autres de l’Union des jeunes avocats de la capitale. 

Carrières-Juridiques.com. Vous êtes avocate, militante écologiste, membre active de l’UJA … pouvez-vous nous expliquer votre parcours ? 

Aminata Niakate. Je suis fiscaliste de formation. Après cinq années d’études de droit, j’avais le sentiment de ne rien savoir faire concrètement, comme rédiger un contrat tout simplement. J’ai donc souhaité faire un stage pour me former. J’ai eu la chance d’en trouver un en cabinet d’avocats. Les avocats que j’y ai rencontrés m’ont encouragée à passer le barreau, ce que j’ai fait. Je suis restée cinq ans dans ce cabinet. Cette première expérience a été une vraie formation de terrain. J’ai ensuite exercé dans un cabinet d’affaires de taille plus importante, où je suis restée un an. Collaboratrice, j’avais du mal à développer ma propre clientèle et à dégager du temps pour d’autres engagements. Fin 2011, j’ai donc décidé de m’installer. Cela m’a permis de consacrer un peu plus de temps à l’UJA et de me présenter l’année suivante aux élections législatives, ce qui était inconcevable en collaboration. Je n’ai pas gagné ces élections mais j’ai poursuivi mon engagement politique et suis aujourd’hui conseillère municipale d’opposition à Vitry sur Seine.

C-J.com. Vous avez donc décidé de vous installer assez jeune. Un pari risqué ? 

A. N. C’est vrai, c’était un pari risqué. D’autant plus que je me suis installée seule alors que je n’avais que peu de clients. Il est très difficile d’aller à la recherche de clients au début de son installation. Ce qui a le plus marché en la matière pour moi, c’est le bouche à oreille. Mes confrères à l’UJA m’ont d’ailleurs envoyé plusieurs dossiers.

C-J.com. Vous êtes aujourd’hui présidente de l’UJA, comment êtes-vous arrivé dans cette association à vocation syndicale ? 

A. N.  Je suis à l’UJA depuis que je suis élève-avocate. J’étais alors rédactrice au « Baromètre », journal des élèves-avocats, et j’ai voulu continuer sur cette lancée. J’ai donc adhéré à l’UJA et me suis inscrite à la « Revue »[1], pensant pouvoir écrire dans leur journal. J’ai découvert par la suite qu’il s’agissait en réalité d’un spectacle en sketchs et en chansons. Je n’avais pas du tout prévue de monter sur les planches mais je me suis laissée tentée par l’expérience qui s’est avérée très enrichissante. En faisant la Revue, j’ai pu rencontrer le bureau de l’UJA puis fréquenter ses commissions. J’ai ensuite candidaté à la Commission permanente de l’UJA. J’ai été membre du bureau de la FNUJA pendant deux années. Puis Valence Borgia, a qui j’ai succédé, a suscité ma candidature à la première-présidence de l’UJA. Cette année de première vice-présidence permet notamment de préparer la présidence. Je suis très heureuse de représenter les jeunes avocats parisiens, même si cette mission est très prenante et nécessite de d’y consacrer au moins à mi-temps !

C-J.com. Quels sont vos objectifs concernant les jeunes pendant votre année de mandat ?

A. N. Trois objectifs concernant les jeunes avocats. J’aimerais tout d’abord que l’UJA continue à être une association de terrain. Notre première mission est d’accompagner les jeunes avocats. Nous continuerons donc à organiser des permanences mensuelles pour aider les jeunes dans leurs problématiques d’installation ou de recherche de collaboration. J’aimerais également développer nos échanges avec les autres confrères de province et de l’étranger, non pas pour faire rayonner le jeune barreau parisien mais surtout parce que nous avons aussi beaucoup à apprendre des autres. Je souhaite enfin que nous puissions réfléchir à la formation des élèves avocats. Lors de mon passage à l’Ecole, certains enseignements, comme les cours théoriques de droit social, ont paru parfaitement inutiles à la fiscaliste que j’étais. C’est à l’Université de former de bons juristes. L’Ecole, elle, doit former les avocats de demain et leur apprendre ce qu’on ne trouve pas dans les ouvrages, leur donner les outils pour être bons en procédure, en déontologie et enseigner aux jeunes à être de véritables entrepreneurs. Il faut améliorer la formation et dispenser des cours de comptabilité, de gestion, de ressources humaines, mais aussi de marketing et de communication.

C-J.com. Quel premier conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent s’installer ? 

A. N.  De façon très concrète, je regrette d’avoir distribué uniquement les cartes du cabinet et jamais les miennes lors de mes premières collaborations. Alors je conseillerais aux plus jeunes d’entre nous de penser à développer leur clientèle dès leurs premières années d’exercice. Je pense qu’ils doivent également explorer les nouveaux marchés. Ils doivent aussi avoir une présence réelle sur Internet. Une nécessité pour continuer à être compétitif.

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