31 janvier 2017

Qui veut la peau des (jeunes) avocats ?

Qui veut la peau des (jeunes) avocats ?
C’était le titre d’un congrès de la FNUJA, il y a une dizaine d’années.

Pourtant, il parait criant d’actualité…

Les jeunes avocats, plus souvent commis d’office, assumant quotidiennement la défense pénale d’urgence, sont confrontés en premier chef à cette remise en cause historique des droits de la défense par les lois dites « Perben I et II ».

Mais, bien sûr, ce sont les citoyens qui en sont victimes.

L’éloignement du Tribunal de Paris du centre de la cité affecte quant à lui les conditions dans lesquelles nous exercerons après-demain notre métier ; mais, là encore, ce sont les justiciables qui en pâtiront.

Dans un cas comme dans l’autre, la concertation a été tronquée… lorsque elle a seulement existé!

Cette concertation en trompe l’œil, comme la qualifiait mon prédécesseur Loïc DUSSEAU, tourne parfois à la gesticulation médiatique.

Ainsi, faisant écho au Président de la République qui vilipendait voici quelques années le recours excessif à la détention provisoire alors qu’elle n’a cessé de croître sous ses deux mandats (près de 35% de la population carcérale est en détention provisoire), le Garde des Sceaux annonçait au soir du verdict du procès d’OUTREAU la création d’un groupe de travail sur la détention provisoire, spectaculaire revirement puisque la Loi du 9 mars 2004 facilite précisement le recours à cette mesure.

Que dire enfin de « l’entrée » des avocats dans le Code Monétaire et Financier, au bénéfice de la loi du 11 février 2004, les rendant débiteurs des diverses obligations de vigilance qui y sont édictées mais aussi et surtout de celles qui le seront à l’avenir ?

La profession d’avocat, qui n’a obtenu aucune dérogation, se trouve désormais astreinte aux mêmes obligations que les banques, alors qu’elle ne dispose manifestement pas des mêmes moyens matériels.

Là encore, ce ne sont pas d’intérêts catégoriels dont nous parlons mais de droit et de Justice.

Dans toutes les démocraties, les avocats sont un rempart contre les abus de toutes sortes.

Dans toutes les démocraties, les magistrats sont eux les garants d’une justice équitable.

Les uns et les autres gênent-ils à ce point que l’on veuille tout à la fois réduire leurs rôles respectifs et porter atteinte au prestige de l’institution judiciaire ?

Les problèmes qui traduisent le mauvais état de la Justice dans notre pays ne peuvent être traités par la seule gesticulation médiatique. Ils justifient une vraie remise à plat de notre système judiciaire.

Parce que nous sommes syndicalistes, soucieux de l’intérêt général, engagés et apolitiques, vous pouvez compter sur nous pour continuer à nous battre pour défendre les valeurs qui nous sont communes.

Bonne rentrée à toutes et à tous !

Votre bien dévoué.

Olivier Guilbaud

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