7 juillet 2017

Discours prononcé par Thomas Charat le 18 mars 2017 à SciencesPo

Discours d’introduction de Thomas Charat

Président de l’UJA de Paris

18 mars 2017

Présidentielle 2017 : les candidats à la barre

De la justice au quotidien à la réforme des professions

SciencesPo

Mesdames, Messieurs,

Chers confrères,

Chers amis,

***

A titre liminaire, permettez-moi d’adresser mes plus vifs remerciements au Professeur Christophe Jamin, à l’Ecole du droit qu’il dirige, à Science-Po, son personnel de nous accueillir et d’avoir accepté de nous accompagner sur ce projet ambitieux.

Christophe vous faites partie des heureuses rencontres. J’ai apprécié nos échanges. Il y a quelques jours encore nous devisions sur la justice prédictive en nous remémorant Leibniz et ses cas remarquables, singuliers, extraordinaires.

Une parenthèse lumineuse.

Je comprends pourquoi un de mes illustres prédécesseurs à la présidence de l’UJA de Paris, le Bâtonnier Paul-Albert Iweins, a fait appel à vous pour créer au sein de notre profession, que vous connaissez pour avoir été secrétaire de la conférence, un think tank au Conseil National des Barreaux lorsqu’il présidait à la destinée de la représentation nationale des avocats.

Mes remerciements vont aussi vers Patricia Chapelotte, Louis Jublin et Marie Clary qui ont cru à ce projet dont je leur faisais part un après-midi de juin dans leur couloir alors que je préparais ma présidence, à Frédéric Perrin, membre de mon bureau toujours prompt à m’accompagner, et à nos trois modérateurs pour leur enthousiasme, Carole Painblanc, Matthieu Hy et Eric Le Quellenec qui à eux trois synthétisent l’UJA de Paris : innovation et solidarité qui sont dans notre ADN depuis le 22 décembre 1922.

Merci à vous toutes et tous de vous être déplacés en nombre.

Merci à vous messieurs, chers confrères pour la plupart, d’avoir accepté de venir débattre du droit et de la justice.

***

Projet ambitieux disais-je.

Nous aurions pu organiser un débat au Palais, à la Maison du Barreau ou encore au Conseil National des Barreaux, pour quelques confrères, et nous serions restés dans un entre soi de bon aloi qui nous aurait fait plaisir mais qui n’aurait eu aucun sens.

Au contraire, nous avons souhaité donner un plus large écho au droit et à la justice…parents pauvres de cette campagne présidentielle.

Votre présence en nombre un samedi matin, et l’intérêt des journalistes pour cet évènement, nous confirment l’importance de ces questions, qui devraient être au cœur du prochain quinquennat.

Si le droit et la justice sont finalement entrés dans cette campagne…c’est en fanfare sous forme de chroniques judiciaires quotidiennes.

Nous aurions préféré un souffle, une vision et un cap.

A 36 jours du premier tour, il est encore temps d’inverser la courbe.

En effet, au pays de l’Esprit des lois, on ne saurait se satisfaire de vagues mesurettes, de saupoudrages budgétaires, d’effets d’annonces ou encore d’empilements normatifs répondant à une actualité brulante.

Le droit est le socle de notre société démocratique : il convient de lui donner toute sa place et de l’ancrer dans le XXIème siècle.

Le droit est partout, du cabinet d’un juge d’instruction à la conclusion d’une fusion-acquisition.

Le besoin de droit est consécutivement croissant.

Nous jeunes avocats savons qu’il faut pouvoir y répondre de la meilleure des manières possibles pour l’ensemble des consommateurs de droit : du plus démuni à l’entreprise cotée, en passant par les TPE-PME.

Cette réponse passe par une grande politique du droit, fruit d’une réflexion globale associant l’exécutif, le législatif, le judiciaire et les auxiliaires de justice que nous sommes.

Nous attendons de vous, représentants des candidats, de proposer a minima les contours de cette grande politique autour de trois grands thèmes qui pourraient être une première esquisse de socle :

–       Quel avenir pour la justice civile en termes de budget, d’organisation et d’accès ?

–       Quelles évolutions pour la justice pénale qu’il s’agisse des moyens, de l’application des peines, de l’indépendance du ministère public ou de l’appréhension des nouvelles formes de délinquance et de criminalité ?

–       Quelle stratégie pour des pratiques professionnelles nouvelles alors que la pratique du droit est à la croisée des chemins entre un exercice traditionnel, qui petit à petit s’éteint peut-être, et un exercice nouveau qui reste à construire ?

Gageons qu’une fois à la barre, les masques tomberont et que nous connaîtrons vos ambitions.

Gageons également que vous ferez mentir Camus pour qui « la société politique contemporaine est une machine à désespérer les hommes ».

C’est une ardente obligation de construire le droit et la justice de demain, car demain c’est maintenant.

Bon débat !

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