Par Thomas Charat, Président d’honneur de l’Union des Jeunes Avocats de Paris

Candidat au Conseil National des Barreaux sur le Collège général circonscription de Paris

« Jeunesse impertinente pour profession entreprenante », le titre du 72ème Congrès de la FNUJA en 2015 à Nantes résume ce que symbolisent l’UJA de Paris[1] et la FNUJA[2] depuis leur création respective : Faire bouger les lignes dans l’intérêt de tous.

L’UJA, née du besoin d’évolution de la profession et de la nécessaire solidarité entre avocats[3], c’est un souffle, une vision et un cap pour la profession.

Un souffle

L’UJA c’est le souffle de la jeunesse dont notre profession a besoin.

Cette jeunesse qui « n’est pas une période de la vie »[4], mais «un état d’esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort »[5] permet toutes les audaces pour faire tomber les barrières visibles et invisibles qui freinent le développement de la profession et donc de chacun d’entre nous.

Seul ce souffle permettra à la profession de se débarrasser des conservatismes, des chasses gardées et de la primauté des intérêts personnels de quelques –uns sur l’intérêt général des confrères, nuisant ainsi à notre efficacité collective et individuelle.

Sans ce souffle, point de salut.

Une vision

L’UJA c’est la vision d’une profession entreprenante, conquérante et rénovée sans pour autant trahir notre serment.

Les Avocats sont des entrepreneurs et doivent agir comme tel :

  • en s’adaptant aux nouvelles demandes des justiciables et aux évolutions sociétales, et notamment aux nouveaux modes de consommation,
  • en conquérant de nouveaux marchés,
  • en reconquérant des marchés délaissés,
  • en occupant les terrains qui sont naturellement les leurs…

…toujours dans le respect de leur déontologie.

Cette déontologie, attaquée, foulée aux pieds, non seulement par des juges qui y voient un frein à la dérive sécuritaire…mais également par quelques confrères, qui par intérêt personnel, sont prêts à mettre en œuvre une dérégulation de notre profession au mépris des justiciables, nos clients et des confrères.

Si certaines règles professionnelles devaient apparaître comme injustifiées ou inadaptées, alors il faudra bien entendu les faire évoluer.

Mais ces évolutions ne peuvent se faire par un simple jeu de réécriture à la va-vite pour répondre aux besoins immédiats et « court-termistes » de quelques-uns.

Il faut à chaque fois se livrer à une véritable étude d’impact.

Seule une modernisation raisonnée de nos règles, dont nous rappellerons qu’elles sont notre plus-value dans la conquête des marchés, permettra une réussite collective.

Un cap

L’UJA fixe un cap à la profession : celui d’une profession forte et unie pour que la réussite collective puisse amorcer la réussite individuelle de chacun d’entre nous.

Nous devons cesser d’être inaudible.

Nous devons au contraire faire corps et parler d’une seule voix.

Les chemins de la réussite pour nos confrères passent nécessairement par l’unité.

***

L’UJA au CNB se place sous le signe de la modernisation et du progrès de la profession dans le respect de nos principes essentiels à œuvrer dans l’intérêt de tous.

La réussite individuelle de nos cabinets passe en effet par la réussite collective de la profession.

Je ne peux m’empêcher à cet instant de rappeler avec Baudelaire « Pour que la loi du progrès existât, il faudrait que chacun voulût la créer ; c’est-à-dire que, quand tous les individus s’appliqueront à progresser, alors, l’humanité sera en progrès »[6].

Alors à nous tous d’être les éclaireurs bienveillants, les porteurs de ce progrès pour le bien commun de nos confrères et des justiciables afin que la profession soit enfin en progrès !

Notes:

[1]  22 décembre 1922

[2] Avril 1947

[3] La couleur UJA …. 1922 – 80 ans aux côtés du Jeune Barreau – 2002.

[4] Extrait du discours d’adieu du Général Mac Arthur (1880 – 1964), intitulé « Duty Honor Country » aux étudiants de l’école Militaire de West Point en 1962 prononcé à l’âge de 82 ans.

[5] Ibid.

[6] Journaux intimes, 1887.