14 novembre 2017

« Une candidature sous le signe de l’audace – Entretien avec Aminata Niakate, Avocate au barreau de Paris »par Lexradio

Aminata Niakaté, candidate aux élections des Membres du CNB, Première Vice-Présidente de la FNUJA et Présidente d’Honneur de l’UJA de Paris, s’est confiée à Anne-Laure Blouet Patin, Directrice de la Rédaction de LEXRADIO. Extrait de l’entretien publié le 8 novembre dernier par le site multimédia des Éditions Lexbase.

Actuelle première vice-présidente de la FNUJA, ancienne présidente de l’UJA (2015-2016), Aminata Niakaté, 37 ans, a toujours été fidèle à l’UJA depuis qu’elle a intégré l’EFB. C’est donc tout naturellement que cette jeune avocate fiscaliste se présente, aux côtés de 15 autres colistiers, sur la liste UJA de Paris du collège général parisien du CNB pour les élections du 21 novembre prochain.

Lexbase : L’UJA, qu’est-ce que c’est ?

Aminata Niakaté : L’UJA, c’est plus de 90 ans d’engagement pour la profession. Née du besoin d’évolution de la profession et de solidarité entre avocats de même génération, l’UJA agit sans relâche pour favoriser l’insertion des jeunes avocats dans la profession.

Comptent parmi les belles et concrètes réalisations de l’UJA au profit des avocats : le contrat de collaboration aujourd’hui intégré au RIN, l’instauration du Tarif UJA devenu une référence, la gratification des élèves-avocats, l’allongement du congé maternité à 16 semaines, l’adoption du congé paternité, la protection de deux mois (que nous souhaitons porter à quatre mois) de la collaboratrice au retour de congé maternité …

Outre ses nombreux travaux sur tous les sujets de la profession, les questions de libertés publiques…, l’UJA c’est aussi, au quotidien, un certain nombre de prestations bénévoles et gratuites, soit sur les deux dernières années : une soixantaine de formations, une quarantaine d’ateliers de corrections de CV et d’entraînement aux entretiens d’embauche, plus de 250 confrères accompagnés dans leur projet d’installation et d’association, plus de 600 collaborateurs assistés par SOS Collaborateurs, et des moments de convivialité !

Lexbase : Quels sont les enjeux et défis à relever pour la profession ?

Aminata Niakaté : La profession est à la traîne. Si elle ne veut pas être « ubérisée » par ce qu’on appelle les « braconniers du droit », l’un de ses véritables enjeux est d’être présente sur le numérique. Si on peut se féliciter de la création par le CNB de sa plateforme de consultation en ligne, force est de constater qu’il devient impératif que la profession aille plus loin, en se mettant, par exemple, aux legaltech d’avocats, dans le respect de nos règles déontologiques.

Il est nécessaire aussi de revoir la formation initiale dispensée à l’EFB. Une réelle stratégie pédagogique pérenne est aujourd’hui indispensable. Il faut mettre en place des formations très pratiques : former les avocats à devenir des entrepreneurs et former les futurs « patrons » à être des managers, des gestionnaires de ressources humaines. On relève encore aujourd’hui trop de comportements inadmissibles en cabinet : de trop nombreux confrères entravent le développement de la clientèle personnelle de leurs collaborateurs, un projet de maternité donne trop souvent lieu à des abus : rupture du contrat de collaboration à l’annonce de la grossesse ou en retour de congé maternité, harcèlement pour pousser à la démission.

Pour que les pratiques changent, il faudrait aussi que nos institutions fassent preuve de volontarisme. On devrait pouvoir, lorsque l’on saisit l’Ordre d’une difficulté menant à une transaction financière pour dédommager le collaborateur lésé, basculer vers le disciplinaire. L’avocat quel qu’il soit est tenu de respecter le RIN et le règlement de son barreau ; tout manquement doit pouvoir être sanctionné. Et ce n’est que si de réelles sanctions dissuasives sont prononcées que les comportements déplacés cesseront.

Lexbase : Comment concilier l’exercice de l’avocat avec les legaltech ?

Aminata Niakaté : Souvent le réflexe du CNB est d’attaquer en justice ces legaltech. Je ne suis pas sûre que ce soit la réponse la plus efficace. Si ces legaltech occupent un marché du droit c’est parce que nous, les avocats, y sommes absents. Nous manquons également de transparence et de clarté sur nos honoraires, que les justiciables estiment peu lisibles. Or nous devons, en conformité avec nos principes essentiels, être présents sur le marché du numérique, saisir les nouvelles opportunités qu’offrent la pluralité d’exercice, l’interprofessionnalité, la filialisation d’activités commerciales connexes et accessoires, travailler avec d’autres professions, développeurs par exemple, pour automatiser des actes à faible valeur ajoutée, faciliter la mise en relation des avocats et des justiciables…

L’avocat de demain doit être un startupper du droit et trouver de nouvelles façons d’exercer et de toucher un public qui a un réel besoin en droit mais qui ne trouve pas la solution chez nous parce que nous sommes perçus comme trop chers ou pas assez visibles sur internet. L’avocat de demain doit aussi ouvrir son cabinet aux capitaux extérieurs. Une révolution et une transition numériques des avocats sont plus que jamais indispensables.

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