29 juillet 2019

Discours d’investiture de Marion Couffignal à la Présidence de l’UJA de Paris pour l’année 2019/2020

Discours d’investiture de Marion Couffignal à la Présidence de l’UJA de Paris pour l’année 2019/2020

 

Chers Amis,

Je suis arrivée là un peu par hasard. En effet, malgré les divers engagements de mes parents au profit de l’intérêt général, c’est avec parcimonie que j’ai appréhendé l’investissement au service d’un collectif, d’abord déléguée de classe, puis bénévole et administrateur d’une association qui intervient auprès d’enfants hospitalisés. Pendant ce temps, à la maison, autour du dîner, les conversations étaient plus qu’animées dès qu’il s’agissait de confronter ses idées.

Formée au combat dès le plus jeune âge par ma fratrie, il faut bien admettre que j’ai été rattrapée par une certaine forme d’hérédité.

Pourtant, si je suis tombée dans la marmite UJA, c’est clairement de la faute de Philip, qui m’a fait sournoisement entrer en campagne, la sienne, par le biais de l’évènementiel… jusqu’à ce que je finisse par me pencher sur les sujets qui agitent la profession.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Philip est maintenant à la fois ma belle-mère et mon patron, et je dois le remercier, autant que ses associées, Marie-Christine (qui est IP) et Laure, de non seulement me permettre de me lancer dans cette aventure, mais aussi de m’y accompagner, distillant soutien et conseils bienveillants. Oui, on est toujours sur la thématique de l’hérédité.

Pour en revenir à la responsabilité de Philip, après la campagne, le virus était inoculé, mais il était encore temps de faire machine arrière. C’était sans compter sur le fait qu’il m’enverrait voir Valence. Un déjeuner et la messe était dite, quelques jours plus tard, je candidatais à la Commission permanente.

Une première année sous la présidence d’Aminata, toujours généreuse dans ses conseils avisés, passée à observer, essayer de comprendre les us et coutumes de cette vieille dame qu’est l’UJA, de trouver une porte d’entrée dans les débats d’initiés, de me forger une opinion.

L’année d’après, Thomas, mon père d’UJA, dont l’écoute, la présence permanente et bienveillante, m’accompagnent à chaque instant, me donne la chance d’intégrer son Bureau. Je partage sa passion pour la création, l’innovation et l’entrepreneuriat des avocats, elle ne demande alors qu’à s’épanouir.

La confiance qu’il m’a accordée me laissera l’opportunité de grandir en enrichissant ces réflexions et avec la volonté de faire avancer ces questions, de montrer que les jeunes avocats sont conquérants.

C’est aussi l’année où je retrouve au Bureau, après l’équipe de campagne, Brochette. Nous continuerons à débattre et à rire aussi beaucoup. C’est l’occasion de le remercier de se joindre de nouveau à nous.

Laëtitia me permettra ensuite de poursuivre à ses côtés ce que, désormais, il faut bien considérer comme un engagement syndical, m’inculquant à la fois la rigueur et l’immensité de tout ce qu’il me reste à apprendre pour espérer être un jour à cette place, devant vous.

Fréderic me fait ensuite l’honneur de me proposer d’être sa PVP. C’était parti pour douze mois intenses, fait de confrontations, de remises en question et de beaux projets.

Fred, ce fut un plaisir de chaque jour d’être à tes côtés cette année, tu as su mener à bien le projet pharaonique du congrès sans que nous ayons à renoncer à la revue, deux évènements qui ont porté haut les couleurs de notre UJA, bien au-delà du seul Barreau de Paris. D’humeur toujours égale, d’une capacité de résilience sans limite, tu as su innover et garder le cap, bravo. Tes labs sont une réussite qui dépasse les limites de notre profession, conformément à ton objectif d’ouverture sur l’autre. Merci pour cette belle année.

C’est ainsi que nous arrivons à ce jour où vous m’avez accordé l’immense privilège d’être le 97ème président de l’UJA de Paris, mais seulement la 14ème femme représentant cette association magnifique.

J’en suis honorée et je mesure la responsabilité qui m’incombe tout autant que la confiance que vous me faites. Je m’emploierai à ne pas vous décevoir.

Mais je prends cette fonction avec la conviction que nous sommes forts, forts de ce quasi siècle d’histoire syndicale et de combats victorieux menés par tous ceux qui, avant nous, ont façonné l’UJA. Je les remercie pour leur présence constante à nos côtés, ils sont là, accompagnent l’évolution de notre association tout en défendant son ADN, on n’a jamais trop de belles-mères, invités permanents, anciens en tous genres sur qui compter. Il faut aussi remercier nos élus, au CO comme au CNB, qui portent haut nos valeurs dans les instances professionnelles, transformant nombre de nos aspirations en réalités.

Car c’est de cela qu’il s’agit, de toujours évoluer, se questionner, douter, confronter les points de vue, forts de notre histoire et de nos convictions, pour mieux appréhender les défis qui nous attendent.

Ces défis, nous allons les relever ensemble, merci donc à Alice d’intégrer ce Bureau. Ton expérience, ta pugnacité au service de l’égalité nous seront précieuses pour chercher toujours plus à atteindre cet objectif.

Merci Louise d’avoir mis au service des valeurs de l’UJA tes compétences en matière de collaboration, avant de rejoindre le Bureau en qualité de Trésorière. Je sais que la tâche est ardue, je t’en remercie d’autant plus d’accepter de reprendre ce poste clé auquel tu as déjà œuvré avec brio.

Merci Sarajoan de poursuivre ton engagement à nos côtés, au-delà de ta connaissance de la maison, de tes compétences, notamment mises au service de la direction de campagne de nombre de nos élus, ta force tranquille me rassérène et ta bonne humeur égaille le quotidien.

Merci Pierre de rempiler également, ta force de travail inégalable, mise aussi généreusement au service du collectif, est une chance, ton engagement nous honore… je sais que tu te demandes quand est-ce que je vais me taire, encore un peu de patience, mais je promets de te laisser la cloche pour la gestion des temps de parole.

Enfin merci Simon, mon petit frère d’UJA, l’avenir, de relever le défi de la première vice-présidence. Pour les résultats, je ne m’inquiète pas, « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », et de talent, nous savons tous que tu ne manques pas. Je suis ravie de pouvoir travailler à tes côtés cette année, ta force de travail, ton intelligence seront bien employées, ne t’inquiète pas. J’espère parvenir à faire encore grandir ton ambition pour l’UJA.

Aux nouveaux venus, je veux souhaiter la bienvenue dans la famille. Vous allez certainement penser qu’il s’agit d’un abus de langage. Laissez-nous le temps de vous convaincre de cette réalité. Ici l’on n’est pas avare de partage, d’idées, de combats, et de soirées… cela créée des liens.

Au-delà des convictions que l’on peut ici défendre sans craindre le jugement de nos aînés, ce que j’aime par-dessus tout, et que l’on retrouve à l’UJA, c’est la tribu. Des tribus, j’en ai plusieurs, celle des prépas Cachan, des DJCE, celle paneuropéenne du Master de Propriété industrielle de Paris 2.

J’espère que vous aurez le bonheur qui a été le mien de pouvoir encore en trouver une nouvelle, au sein de notre UJA, et une encore plus grande et diverse, au sein de la FNUJA.

Je profite de ce détour par mes tribus pour adresser, même s’ils ne sont pas là, des remerciements à quelques amis si chers, pour le quotidien partagé depuis tant d’années et leur soutien indéfectible jusque dans cette nouvelle aventure : Marianne, Fabi, BB, Mony, Laura, Charles, Fanny et tous les autres, ils se reconnaîtront.

Je voudrais également vous parler de ma passion, le yoga, parce que pratiquer le yoga et trouver sa place à l’UJA, finalement, c’est un peu la même chose : c’est apprendre à penser sa place en harmonie dans son environnement, le dépassement de soi, l’exigence dans la bienveillance, vis-à-vis de soi-même comme des autres.

Nos forces vives témoignent de la vigueur de l’engagement des jeunes, il faut leur dire bravo encore. Entrer à l’UJA c’est faire le choix de la subtilité (vous comprendrez quand on abordera le point doctrine lors des prochaines CP), du courage, du refus de la compromission.

Vous verrez aussi, en travaillant sein des commissions de l’UJA de Paris, comme de la FNUJA, que la force que l’on puise en soi-même, c’est en s’appuyant sur les autres qu’on la décuple.

Cela pour vous dire que vous êtes dans un lieu d’intelligence collective, dont nous allons avoir besoin pour rester la première cheville ouvrière de l’intégration des jeunes avocats, pour être encore plus, c’est l’objet et la réussite de la CIA, un accélérateur d’avocats.

Car, à l’heure où des mutations profondes affectent notre société et le marché du travail dans son ensemble, il serait malhonnête de jeter un voile pudique sur les craintes de nos confrères en difficulté.

Il est donc de notre mission d’accompagner les avocats pour faire face aux évolutions qui attendent notre profession.

Cet accompagnement doit se faire comme l’a toujours fait l’UJA : en étant pionnière, en étant ouverte, courageuse, exigeante et généreuse.

Il ne faut pas avoir peur de cette page blanche qui s’ouvre, plutôt y voir une opportunité, une chance, de dessiner les contours de notre avenir. Cette chance, je souhaite que nous la saisissions en travaillant ensemble sur les propositions qui vont germer des Etats Généraux de la profession.

L’UJA n’a jusqu’à présent jamais attendu pour penser l’avocat d’aujourd’hui et de demain, nous ne ferons pas défaut cette année non plus et représenterons cet avocat mobile, agile, connecté, conscient de son empreinte carbone, ouvert sur le monde, ambitieux, conquérant.

Si notre profession est déjà grande et belle, elle doit sans cesse se remettre en question pour l’être encore plus, au service de ses clients. C’est à nous qu’il appartient d’adapter l’offre de service aux besoins de droit, et pas l’inverse. Nous devons nous rendre toujours plus accessibles, continuer de nous ouvrir aux autres professionnels.

Les lignes bougent, à nous de choisir dans quelle direction.

En effet, sous l’impact des évolutions règlementaires et en considération des attentes des nouvelles générations, c’est l’avenir de la collaboration libérale, telle que nous la connaissons, qu’il faut questionner.

Ces plus jeunes, justement, ont fait part de leurs attentes en termes de protection sociale à l’occasion du sondage que nous avons réalisé avec Promis. Il est urgent de répondre à leurs préoccupations et de sensibiliser et mobiliser l’ensemble des confrères sur le démantèlement programmé de notre régime de retraite, alors même qu’il répond déjà aux ambitions du gouvernement, et ce dans des conditions susceptibles de mettre en péril l’équilibre économique de nombreux cabinets.

Penser l’avocat comme un entrepreneur, c’est aussi poursuivre nos réflexions sur les nouveaux modes d’exercice de l’avocat, qui pourraient être vecteurs de croissance de notre profession et nous permettre de répondre toujours mieux aux besoins de droit.

La transition technologique de l’avocat est également un sujet sur lequel nous devons poursuivre nos travaux : ce n’est pas l’avocat de demain, mais celui d’aujourd’hui qui doit relever le défi de la digitalisation de son cabinet, de l’automatisation d’un certain nombre de tâches, de l’accès massif et gratuit à l’information.

Les outils qui voient le jour, parfois à l’initiative de confrères, sont avant tout à notre service, ils nous permettent de déplacer notre plus-value vers ce qui fait le cœur de notre métier, nous devons aider nos confrères à s’en saisir.

Cependant, cette évolution nécessaire de nos pratiques implique que les avocats aient les moyens de réaliser les investissements nécessaires pour rester toujours le premier interlocuteur des justiciables. Cela demande de réfléchir aux modes de financement des cabinets d’avocat et de leurs innovations.

Ce renforcement de la place de l’avocat dans la société, auquel nous devons œuvrer, qui passera par l’extension de ses offres de services, de son déploiement sur le territoire et la communication accrue sur les activités de l’avocat, ne peut se faire sans que les avocats ne répondent aux attentes sociétales de leurs clients, qui sont aussi les leurs.

Cela signifie travailler encore et toujours sur les questions d’égalité. L’UJA peut être fière de ses victoires en la matière, mais bien que les avancées soient significatives, trop de freins subsistent encore avant l’égalité réelle, notre rôle est de les éradiquer les uns après les autres.

Enfin, à l’heure où la compliance, la transparence, les bonnes pratiques sont partout, il convient de ne pas négliger la question de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises d’avocats. La jeunesse du Barreau nous regarde, soyons à la hauteur de ces enjeux.

Voilà les chantiers qui s’offrent à nous, j’espère pouvoir compter sur chacun d’entre vous pour emmener l’UJA très loin cette année.

Votre présence dans cette assemblée, signe de votre engagement, est la promesse d’une armée motivée pour écrire notre avenir, alors comme on dit ici, FORZA UJA !

 

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