5 octobre 2020

Discours de fin de mandat de Marion Couffignal à la Présidence de l’UJA de Paris pour l’année 2019/2020

Chers Amis,

En cette année si particulière, alors que cela fait déjà trois mois que j’ai rendu les clés de la « maison UJA », il est enfin temps de vous adresser ces derniers mots.

Je vous disais, lors de la précédente passation, que j’étais arrivée un peu par hasard à la Commission permanente. Au bout du parcours, ma conviction est désormais toute autre. Vous m’avez fait l’immense honneur d’être la 97ème présidente de l’UJA de Paris, et je tiens à vous dire que j’ai passionnément aimé chaque jour de ce mandat.

J’ai aimé cette énergie collective qui émane de vous, Commission permanente, et qui permet de relever tous les défis, livrer toutes les batailles, cette énergie collective grâce à laquelle notre UJA reste toujours plus ambitieuse, impertinente, courageuse, moderne, conquérante, optimiste.

Vous m’avez portée pendant une année qui s’est avérée d’une richesse inouïe, et, il faut bien l’avouer, pleine de surprises. Il aura fallu en effet une capacité d’adaptation certaine pour accepter la frustration de ne pouvoir réaliser tout ce que l’on avait souhaité, mais c’est la force de notre UJA, que de savoir réagir quand l’actualité l’impose.

Revenons rapidement sur ces quelques mois qui, au départ, avaient commencé de manière plutôt classique.

Dès le mois de juillet, nous nous étions mis en ordre de bataille autour de Sophie et Julien, nos candidats au Conseil de l’Ordre. Leur campagne a été orchestrée de main de maître par Boris et Aminata, que je remercie encore une fois. Grâce à l’énergie de nos candidats et à votre implication à tous, Sophie et Julien ont été brillamment élus et ont pu rejoindre les rangs du Conseil de l’ordre pour porter toujours plus haut, avec fidélité et fermeté, la voix de l’UJA.

Septembre est arrivé, avec un week-end d’intégration marseillais, l’occasion de se découvrir mieux, et également d’adresser un clin d’œil à Jean-Baptiste BLANC, président de notre Fédération, avec lequel j’ai eu le plaisir de travailler toute l’année en bonne intelligence, malgré son amour bien connu pour les parisiens.

Ce mois de septembre a été également marqué par une mobilisation sans précédent contre la réforme des retraites, nous ignorions alors ce que nous réservait l’hiver à venir…

Si l’on m’avait dit en juin dernier que nous allions passer quelques mois à marcher dans le froid, pour manifester sans faiblir notre opposition au projet de réforme des retraites, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant, l’UJA a fait preuve d’une détermination sans faille contre ce projet inacceptable.

Non seulement nous nous sommes mobilisés, mais nous avons analysé, expliqué aux confrères les enjeux et les dangers de ce projet. Je tiens à ce titre à rendre hommage aux excellents travaux de la Commission protection sociale, emmenée par Leila, ainsi qu’à l’engagement et la fermeté de Catheline qui a porté la voix des jeunes avocats lors des échanges avec le gouvernement.

A ceux qui pensent que la solution était de courber l’échine pour aller négocier la mort économique de nombreux cabinets, je veux dire que je ne regrette rien : pour négocier il faut être deux et mettre des propositions sur la table.

Trouver différentes manières de nous imposer une réforme pensée par des équipes qui ignoraient tout de nos spécificités et n’ont jamais daigné s’en préoccuper ne relève en aucune manière d’une discussion dont le but est d’aboutir à un compromis.

Grâce au travail de nos élus, tant au CO qu’au CNB ou à la CNBF, grâce à notre mobilisation continue et variée, les jeunes avocats ont été les fers de lance de cette opposition.

Cependant, il ne faut pas remiser trop loin nos drapeaux et pancartes, car le sujet reviendra certainement bientôt sur la table. Il faudra alors savoir retourner au combat.

Cette bataille contre le projet de réforme des retraites, qui nous a permis de prendre la mesure du mépris de nos gouvernants, au premier rang desquels notre Garde des sceaux en la personne de Madame BELLOUBET, a aussi été l’occasion de réinsuffler un peu de démocratie directe au sein de nos institutions. Il faut ainsi souligner le moment historique qu’a été l’assemblée générale de notre Barreau au cours de laquelle nous avons pu faire entendre notre voix.

Fort heureusement, la saison a également été ponctuée de moments joyeux tels que le Dîner des jeunes avocats, merveilleusement organisé par Sarajoan.

Malheureusement, à cet hiver social a succédé la crise sanitaire, nous n’étions décidemment pas au bout de nos surprises.

Les contraintes liées au COVID nous ont obligés à nous adapter : nous avons très vite opté pour la dématérialisation de nos réunions, attentifs à toutes les dérives possibles dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Il est de notre rôle de rester vigilants en la matière. Le glissement dans le droit positif, depuis de trop nombreuses années, dans l’indifférence générale, des règles adoptées sous couvert d’état d’urgence, quelle qu’en soit la cause, est inacceptable et nous continuerons de dénoncer toute règlementation exceptionnelle qui serait excessive ou serait prolongée alors que les circonstances qui l’ont motivée n’ont plus court.

Nous avons également dématérialisé les formations.

Les formations représentent en effet un service essentiel rendu aux confrères et je suis fière de pouvoir vous dire que, sans discontinuer tout au long de l’année, y compris pendant le confinement, les commissions ont organisé un programme de formations varié, de qualité, et bien évidemment gratuit.

Cela n’aurait pas pu se faire sans le travail acharné de Pierre qui a assumé la lourde tâche de leur organisation et de la gestion des transmissions aux services de la formation continue. Je tiens à le remercier chaleureusement, ainsi que chacune et chacun des responsables de commission.

SOS collaborateurs comme la Commission Installation et Association se sont fortement mobilisées pendant ces mois difficiles, pour rester à la disposition de nos confrères. Du rappel des règles applicables aux contrats de collaboration au décryptage des aides mises en place pour tous les avocats, leurs membres ont travaillé d’arrache-pied, je tiens à les en remercier.

Tout au long de l’année, nous avons également tissé ou renforcé des partenariats.

A ce titre, je me réjouis des liens que nous entretenons avec l’Association des jeunes magistrats. Ce dialogue permanent, riche et apaisé nous fait chaque jour évoluer et améliore notre compréhension de ceux qui, tout autant que nous, sont partie prenante du monde de la justice.

Je veux remercier particulièrement Jean-Baptiste CRABIERES et Cyril JOUVE pour la qualité de nos échanges. Nous avons eu l’occasion de dispenser des formations communes passionnantes sur les écritures au civil ou sur la foi du palais, et je ne doute pas que nous poursuivrons nos travaux et réflexions communes au bénéfice de nos deux professions.

Nous avons également organisé une formation et un pot avec les Jeunes experts-comptables, démontrant ainsi notre volonté commune de nous inscrire dans l’interprofessionnalité. Là encore, nous avons des partenaires qui nous offrent la possibilité de réflexions passionnantes sur l’avenir de notre profession et le développement des entreprises d’avocats.

Ce développement, nous avons aussi voulu le rendre attractif en collaborant avec le Booster Club, qui organise des évènements de networking.

Pendant tout ce temps, la commission permanente a poursuivi ses travaux de fond qui construisent notre doctrine, sur tous les sujets qui intéressent notre profession, de l’étude du rapport Gauvain à la pluralité d’exercice en passant par la postulation, l’apport d’affaires ou l’allongement et le financement des congés liés à l’accueil d’un enfant.

Ces positions, que vous avez élaborées en commission, avant de les débattre et les voter ici même, ont été portées dans nos instances représentatives par nos élus tant au Conseil de l’Ordre qu’au CNB. Ils travaillent sans relâche pour que notre profession évolue conformément à nos valeurs et nos ambitions.

Voici donc un condensé de ces douze mois passés à vos côtés et pour lesquels je dois vous remercier.

Grâce à vous, grâce à ce mandat, j’ai énormément appris. Présider l’UJA c’est se mettre au service d’un collectif qui vous dépasse. Je peux en témoigner, cette année si particulière m’a appris l’humilité. Parce que les enjeux auxquels nous sommes confrontés le commandent. Parce que, face aux défis que doit relever notre profession, les gros bras et leurs effets de manche ne suffisent pas. Parce que nous devons sans cesse agir. Créer. Travailler. S’oublier devant la tâche.

Je suis convaincue que c’est cette humilité qui guidera nos pas pour inventer notre avenir forcément ambitieux, courageux, féministe, optimiste.

L’UJA est un laboratoire à idées, elle est bien plus que le syndicat des collaborateurs, elle est le syndicat de l’ouverture de la profession, des opportunités pour tous les avocats. Elle est toujours force de propositions.

Elle est un lieu de compagnonnage, au sein duquel toutes les générations se mélangent pour permettre un passage de relai dans la continuité. Elle est un lieu de promotion des femmes et de la diversité, elle est faite d’un siècle d’histoire qui lui donne la force de construire l’avenir.

Je suis fière de mon UJA, de son histoire syndicale et des combats victorieux menés par tous ceux qui, avant nous, l’ont façonnée. Je les remercie pour leur présence constante à nos côtés cette année. J’ai pu compter sur leur écoute attentive, leurs conseils avisés et toujours bienveillants.

Merci donc à vous, belles-mères, invités permanents, élus. J’ai promis d’essayer de ne pas être trop longue, je ne vais donc pas tous vous citer, mais sachez que ma reconnaissance est éternelle, notamment pour ceux que j’ai harcelés tout au long de l’année et qui m’ont aidée à gérer chaque moment de doute.

A vous, membres de la CP, je dis encore merci pour ces échanges, j’ai savouré chaque CP grâce à vous et vous pourrez compter sur moi comme sur chacun de mes prédécesseurs. Cette UJA, avec son quasi centenaire, c’est l’expression de la force du collectif et de la transmission, gage de qualité qui permet d’obtenir le meilleur de chacun. Cette histoire nous oblige.

S’engager c’est faire grandir et préserver cette petite flamme qui, dans les moments de doute ou de lassitude qui peuvent émailler une vie professionnelle, fait que l’on ne renonce pas. C’est aussi l’assurance de pouvoir puiser dans ce collectif les ressources nécessaires pour aller de l’avant face à l’adversité.

Cette magnifique CP est le lieu de nos débats, c’est ici et ici seulement que nos décisions collectives doivent être discutées et adoptées, respectez là et faites-en bon usage. Grâce à elle, chacun d’entre vous est partie prenante aux mutations de notre profession : votre voix compte.

Un mot de remerciement aussi pour Estelle et Marie-Laetitia. L’absence de revue cette année en raison des circonstances sanitaires est un crève-cœur. Malgré tout, Estelle et Marie-Laetitia ont énormément travaillé, avec le concours de Laetitia, pour tenter de monter cet évènement majeur de l’UJA. Cela n’est que partie remise et je suis certaine que la troupe saura rire de ces temps de COVID.

Je souhaite aussi remercier Philip, Marie-Christine et Laure, les trois associés de mon cabinet, sans qui rien n’aurait été possible. Leur soutien tout au long de ce mandat m’a beaucoup touchée et je leur en suis reconnaissante.

J’ai également une immense gratitude pour mes amis qui sont restés stoïques toute cette année, à supporter mes conversations mono-sujet, mes contraintes d’emploi du temps et surtout des discussions sans fin sur la réforme des retraites.

Enfin, il est temps de vous dire quelques mots sur mon bureau, qui m’a soutenue, portée tout au long de ce mandat.

Alice : ta bonne humeur permanente, ta capacité à défendre tes convictions, ton engagement en faveur de l’égalité, ta disponibilité et ton organisation ont été aussi admirables que précieuses. Tu pars relever de nouveaux défis et tu le feras avec brio, j’en suis certaine. Tu es l’exemple même de la mobilité professionnelle et ce changement de cap est réjouissant. Bravo d’avoir le courage et l’ouverture d’esprit pour embrasser cette nouvelle aventure que je te souhaite pleine de succès, de joies et de réalisations. Tu vas manquer à l’UJA, mais pas à moi puisque de toutes les façons nous avons encore quelques études sur les think-tank éco- féministes à mener et quelques déjeuners en perspective !

Louise, tu n’imagines pas à quel point pouvoir me reposer sur toi a été un soulagement. J’ai pu te faire une confiance aveugle et je t’en remercie infiniment. Je t’admire : toujours enjouée, tu gères avec une organisation parfaite tes fonctions à l’UJA aussi bien que ton cabinet et tes jumelles. Tu seras une Présidente en or quand ton tour viendra, d’ici là, profite de cette belle année de PVP.

Sarajoan : mon roc. Aucun mot n’est adéquat pour décrire le rôle que tu as eu cette année à mes côtés. Perpétuellement disponible pour recueillir mes états d’âme, capable de calmer mes angoisses, me raisonner, me faire changer d’avis, ton soutien sans faille et ta bienveillance m’ont permis de me sentir en sécurité, suffisamment forte pour aller au bout de cette année dans la joie et la bonne humeur. Merci mille fois.

Pierre : à toi aussi je sais gré pour ton soutien tout au long de cette année. Toujours motivé, organisé, pragmatique, réactif, tu t’es coltiné un certain nombre de missions qui n’étaient pas faciles (ne me remercie pas pour les formations), sans jamais rechigner à la tâche. Ton enthousiasme est un véritable moteur et je serai vraiment très très heureuse de partager avec toi, si nous sommes élus, notre prochaine aventure UJA au CNB.

Enfin merci Simon, mon petit frère d’UJA, pour cette année écoulée, mais surtout tous mes vœux pour celle à venir. Tu as toutes les qualités pour conduire notre UJA au-devant des prochains défis, je sais que tu accompliras cette mission avec passion, humilité et rigueur en mettant toute ta force de travail au service de notre syndicat. Amuse-toi, savoure, un an cela passe vite. Tu as de la chance de pouvoir t’appuyer sur l’expérience et les qualités de Louise, fais-en bon usage.

Je te souhaite une merveilleuse année, entouré de ton bureau, et beaucoup de courage pour affronter la lourde tâche d’une double élection alors que l’épidémie vient de nouveau perturber notre quotidien à tous.

Quelques derniers mots puisque vous m’avez fait l’honneur de m’investir pour mener la liste UJA aux élections au CNB qui auront lieu le 24 novembre prochain.

A l’heure où l’on créé des commissions pour penser notre avenir sans aucun de nos représentants, à l’heure où nos confrères dans le monde sont en danger en raison de l’exercice de notre profession, à l’heure où notre secret professionnel est attaqué, à l’heure où les répercussions de la crise sanitaire affectent l’économie, il nous faut plus que jamais porter un message d’espoir.

Sans aucun doute, l’UJA ne manquera pas de répondre présente pour accompagner l’innovation, le développement économique des entreprises d’avocats, restaurer notre valeur, pour défendre le périmètre de notre secret professionnel et pour élaborer les outils de la protection des avocats, qu’il s’agisse de leur protection sociale, de la défense des droits des collaborateurs, aussi bien que de l’égalité professionnelle.

Les élections à venir doivent être l’opportunité d’une nouvelle démonstration de force des jeunes avocats. Chacune et chacun d’entre nous, doit se mobiliser pour porter au sommet Marie-Hélène et Thomas, nos candidats au Conseil de l’Ordre, ainsi que la liste UJA au Conseil national des barreaux.

Un moment pour savourer une dernière fois d’être face à vous, pas derrière un écran via zoom. Je vous souhaite beaucoup de défis à relever et encore plus de victoires ! Trouvez la voie pour évoluer tout en restant fidèle à nos valeurs, à cet héritage qui fait notre force, soyez conscient de la responsabilité qu’implique votre présence ici, et, surtout, profitez de la joie qu’elle apporte.

Longue vie à l’UJA !

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