Gaston Monnerville et le procès des insurgés de CayenneDu 9 Février au 26 Juin 2011 - Archives départemantales de Loire-Atlantique - 6, rue de Bouillé - 44000 Nantes
Du 9 Février au 26 Juin prochain, les Archives départementales de Loire-Atlantique présenteront une nouvelle exposition conçue autour d’un événement judiciaire exceptionnel : Le procès des insurgés de Cayenne à Nantes en 1931.
Le Conseil Général de Loire-Atlantique a souhaité mettre en lumière cette affaire, qui marque une étape importante de l’histoire coloniale française, à travers une exposition qui puise largement dans les fonds judiciaires et iconographiques des Archives départementales, présente des objets évocateurs (robes d'avocats et de magistrats, objets de sûreté) et utilise l'audiovisuel comme support didactique de visite. Colloque scientifique, concert, lectures déambulatoires… Une programmation diversifiée sera également proposée au public. Nous publions ci-dessous le communiqué de presse. Le procès des insurgés de Cayenne ? Jean GALMOT, né le 2 Juin 1879 à Monpazier (Dordogne), ancien journaliste dreyfusard, aventurier, homme d'affaire, il débarque en Guyane française en 1906 avec le titre de propriété d'une mine d'or, le Placer Elysée, non loin de Mana. Il y fait fortune grâce et associe davantage le petit peuple guyanais auquel il garantit des prix d'achats (or et bois de rose en particulier, aussi bois de balata) proches des cours mondiaux. Il achète une plantation afin de produire du rhum et organise une collecte de la production des petits producteurs, encourant ainsi l'hostilité des autres exploitants, prêts à tout pour préserver leurs intérêts. Élu député de la Guyane en 1919, il est impliqué pour escroquerie dans "l'Affaire des rhums" après que son immunité parlementaire ait été levée, avec son accord. Arrêté en Avril 1921, au terme d'un procès où les plaignants retirent leurs plaintes en 1923, il y est condamné à un an de prison avec sursis en l'absence de preuves sur des bénéfices illégaux. Sur Jean GALMOT on lira avec intérêt le livre d'André Bendjebbar "Jean Galmot, le prophète de Guyane", éd. le Cherche Midi, 2010. En 1928, alors que Jean GALMOT se représente aux élections législatives en Guyane, et que des émeutes éclatent à Cayenne, il meurt brusquement le 6 Août 1928. Deux médecin, CARO et RIVIEREZ appelés au chevet de Jean GALMOT le 5 Août 1928 observent un tableau clinique très évocateur d'intoxication aiguë par l'arsenic, confirmé par l'analyse des vomissements, et en conséquence refusent de délivrer le permis d'inhumer et demandent une autopsie au Procureur de la République. De nouvelles émeutes éclatent à Cayenne et l'Affaire GALMOT commence. Le Docteur Maurice Joseph RIVIEREZ, né à Cayenne le 27 Juillet 1901, était le fils d'un négociant de Cayenne originaire de Martinique : Albert RIVIEREZ, né à Rivière-Pilote le 15 Janvier 1870. Son frère, Hector Joseph RIVIEREZ, né à Cayenne le 19 Mars 1913, deviendra Président de l'UJA de Paris en 1946-1947. En Mars 1931, la Cour d’assises de Loire-Inférieure ouvre donc le procès de l’Affaire GALMOT délocalisé en métropole « pour cause de sûreté publique ». Quatorze Guyanais, transférés à la maison d’arrêt de Nantes, sont accusés de crimes et de pillages à Cayenne en 1928 après la mort suspecte de Jean GALMOT. Les chroniques de ce procès ont été longuement rapportées par Géo LONDON dans "Les Grands Procès de l'année 1931" (éd. Les éditions de france - 1932). Parmi les avocats des accusés : Charles François « Gaston » MONNERVILLE, né à Cayenne le 2 Janvier 1897. Il avait été Président de l'UJA de Paris en 1927-1928. Comme les frères RIVIEREZ, Gaston MONNERVILLE était le fils d'un fonctionnaire originaire de Martinique : Marc « Saint-Yves » MONNERVILLE, né à Case-Pilote le 25 Avril 1857, Fonctionnaire, comptable à la Direction du Port de Cayenne, percepteur puis administrateur principal de Macouria (1890), et d’Appronagne (1891). Au procès de Nantes .... ce ne sont plus 14 inculpés que l'on juge, mais bien le droit de se révolter contre un système injuste. La plaidoirie de Gaston MONNERVILLE fait complètement basculer le jury : il démontre la fraude électorale et revendique au nom de la mémoire de la traite négrière et du passé nantais, une "dette mémorielle" pour les accusés. Ils seront tous acquittés et retourneront pour la plupart en Guyane, accueillis en héros. Nous publions ci-dessous l'intégralité de cette plaidoirie.
Entrée libre et gratuite les :
- Lundi, Mercredi, Jeudi et Vendredi de 9 h 00 à 17 h 00, - Mardi de 13 h 30 à 19 h (17 h en période de vacances scolaires), - Dimanche de 14 h à 17 h 30. - Fermeture : Samedis et jours fériés. - Visite commentée pour les visiteurs individuels : le Mercredi à 14 h 30 et le Dimanche à 14 h 30 et 16h. - Visite commentée pour les groupes, adultes et scolaires, sur rendez-vous auprès de Martine Roucheux : Tél. 02 51 72 98 97 , Courriel : martine.roucheux@loire-atlantique.fr
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