Dans un contexte de mise en concurrence croissante, exacerbé notamment par la directive "Services", les Jeunes Avocats estiment que la France doit prendre le contre-pied de la démarche anglaise favorisant l'accroissement de l'offre en matière de conseil au détriment de la qualité et qui se traduit actuellement par l'examen du "Legal Service Act" et la prochaine création des "Alternative Business Structures" devant permettre de commercialiser des offres packagées de services juridiques par tous moyens (d'où le surnom de "loi TESCO", tiré de la chaîne de supermarchés).
Au contraire, partant du constat selon lequel les entrepreneurs cherchent un accès simple à des professionnels du conseil à la fois compétents et responsables, l'UJA promeut le travail en partenariat - et chacun en son domaine - des membres des professions réglementées du droit et du chiffre qui, avec des cultures certes différentes, répondent toutes deux à cette définition.
Dans cette perspective, avocats et experts comptables doivent pouvoir choisir le mode d'organisation de leurs relations qui correspond le mieux à leur organisation, à leurs projets et aux impératifs d'intérêt général (indépendance, refus du conflit d'intérêt, secret professionnel...) : partenariats ponctuels sur des opérations, amélioration de la règlementation relative à l'interprofessionalité capitalistique (c'est-dire la possibilité pour des structures distinctes et spécialisées d'être détenues par des holdings communes et de travailler en synergie) et entrée en vigueur d'une interprofessionalité d'exercice votée par le législateur mais dont on attend toujours les décrets d'application (exercice des différents professionnels dans la même structure juridique, dans le respect de la déontologie la plus exigeante).
Au terme de cette table-ronde, l'UJA et le CJEC ont décidé de poursuivre leur travail en commun sur ce sujet.