Le processus est annoncé clairement par l'animateur maison, Jean-Marie CAVADA : tout d'abord recueillir les premiers travaux des fédérations locales ; organiser une Convention en présence de personnalités pour provoquer le débat et faire ressortir des idées ; les soumettre aux fédérations ; faire remonter les réactions puis, enfin, élaborer la doctrine finale du parti, par en-haut
Il semble donc que le Nouveau Centre ait choisi la technique du yo-yo pour élaborer son programme en matière de Justice.
Il ne faut pas s'y tromper non plus. Le débat porte bien sur la "Justice" dans son acceptation la plus classique, celle du service public de la Justice, le "judiciaire" en somme.
Pas de réflexion sur la place du Droit dans l'économie ni de l'Economie dans le monde du droit. Peut-être cela relève-t-il d'une autre Convention. Dommage.
La dimension citoyenne sera fort heureusement un peu mieux traitée.
La conférence est organisée en deux tables rondes :
"Comment redonner confiance en notre justice?"
"Modernisation de la Justice : les chantiers prioritaires"
Si les sujets abordés sont assez classiques pour les spectateurs avertis, avec un fort parfum de déjà vu pour ceux qui ont surveillé leur traitement durant la campagne de 2007, les interventions sont majoritairement de qualité.
Antoine GARAPON, magistrat plaidant, estime qu'il faut obtenir un large consensus pour, d'une part, sortir la Justice d'une vision trop administrative et remettre en avant sa dimension démocratique, ce qui supposerait d'aller au bout du contrôle de constitutionnalité en faisant du Conseil constitutionnel une véritable juridiction ouverte aux avocats, de couper totalement le lien entre le Parquet et le siège, d'ouvrir le recrutement des Juges; d'autre part, "civiliser les procédures" (justice plus accusatoire ; création d'un abeas corpus) et, enfin, "ouvrir la Justice à la société".
Cette analyse est prolongée par Didier DALIN, ancien président de l'UJA de Paris et de la FNUJA et ancien Vice-Président du CNB, qui milite toujours pour une Justice "accessible (par le règlement du déséquilibre existant entre particuliers et sociétés face à la TVA sur les honoraires d'avocats), compréhensible et rapide". Il propose la séparation du grade et de la fonction chez les magistrats, de façon à ce que des juges expérimentés puissent venir à l'instruction au lieu de se dire que le promotion passe nécessairement par le fait de devenir conseiller à la Cour d'appel.