TPI POUR L’EX-YOUGOSLAVIE ET LE RWANDA, UNE EXPOSITION REALISEE PAR L’UJA DE PARISEn 1995, un petit groupe d’avocats, aussi jeunes dans la profession que les Tribunaux Pénaux Internationaux sur la scène de la justice internationale, s’en vint à La Haye accompagné d’une dessinatrice dont la jeunesse d’esprit et de plume ne cédait en rien à leur énergie, pour témoigner, en images pérennes, des premiers pas d’un grand tournant dans l’Histoire des nations.Petite histoire
Cette histoire commence, à la rentrée 1995, par plusieurs expéditions à La Haye. Marie Avril Roux ouvrant le chemin, en digne responsable de la Commission Droits Fondamentaux.
La majeure partie d’entre elles eut lieu l’hiver. Ce qui, après un départ bien avant l’aube, accrut encore le charme de l’arrivée, au petit matin, en pays flamand (pour ceux qui n’avait pas pris le Thalys). Là, les estaminets étant officiellement fermés. Nous y pénétrâmes clandestinement grâce à la compassion active de nos amis belges. Certains des explorateurs s’égarèrent, ce qui leur donna l’occasion de visiter (entre autres) le pittoresque bocage bruxellois. Par la suite, toutefois, Michelin fit don à chacun d’un guide de la Hollande et tout rentra dans l’ordre (ou presque). Sur place, l’unique journée de visite était bien remplie. Valérie Brion, que nous saluons, nous fit faire le tour commenté des lieux et nous permis de rencontrer greffiers, magistrats du siège, procureurs, enquêteurs. Nous collectèrent donc nombre d’informations, mais de photos, pas question. C’était prohibé. Dommage pour une exposition. C’est là que Madame Herrenschmidt, dessinatrice d’assise, intervint. Immédiatement enthou-siasmée par le projet, elle accepta de céder, pour un prix forfaitaire, ses droits à l'UJA et d’un trait, habile et coloré, elle attrapa tout et tout le monde, mine de rien. Après quoi, personne n’eut le coeur de laisser dans l’ombre d’aussi beaux dessins. Images et textes furent mis en forme. Il fallait absolument faire connaître les débuts de la Justice Pénale Internationale et le travail de pionniers, des magistrats de toute nationalité, qui y participait. Restait toutefois la question du financement de l’exposition elle-même et de son inauguration. Après tentatives et déconvenues, qui durèrent l’an 1997, grâce à la force de persuasion de Marie Avril Roux et aux efforts certains de toutes les parties concernées (l’UJA et ses sponsors, maquettiste, dessinatrice, TPI et j’en oublie), l’exposition pu voir le jour. D’une grande Histoire.
Le but de la Commission Droits Fondamentaux était et reste de promouvoir les juridictions internationales ad hoc existantes pour l'ex Yougoslavie (TPIY qui siège à La Haye aux Pays Bas) et pour le Rwanda (TPIR qui siège à Arusha en Tanzanie) et, à travers elles, la Cour Pénale Internationale (CPI) permanente .
L'exposition a été conçue de manière à être intelligible par le plus grand nombre de personnes. Par rapport à cet objectif, nous avons cherché à privilégier l'image, en étant particulièrement attentif à sa qualité et à sa représentativité. En outre, nous avons tenté, en qualité de professionnels du droit, de transmettre dans nos textes de manière claire et concise nos connaissances. Les panneaux sont au nombre de 16 un thème étant affecté à chaque panneau (victimes, juges, procureurs, accusés, défense etc...) leurs légendes sont rédigées en anglais et en français, les langues officielles des TPI. Iconographie
La majorité des illustrations sont constituées par une quarantaine ou une cinquantaine de dessins en couleurs de Madame Noëlle Herrenschmidt. Celle-ci a une bonne expérience des milieux judiciaires et pénitenciers (elle est l'auteur des "Carnets du Palais" et des "Carnets des prisons", publiés chez Albin Michel et a fait les dessins des procès Touvier et Barbie pour Le Monde), ses dessins sont clairs (en ce sens qu'ils rendent bien compte des situations et des lieux), expressifs et de bon ton. Toutes qualités compatibles avec le respect de l'image des TPI et avec notre désir de faire partager aux autres nos connaissances sur ceux-ci.
Nous avons également utilisé des photos, notamment pour le TPIR, où il ne nous était pas possible de nous rendre et pour certains panneaux tels que "Les victimes" (thème que nous nous sommes efforcés de traiter avec toute la décence nécessaire) et les panneaux de présentation et de conclusion de l'exposition. Ces photos sont issues du Bulletin du TPIY, dont les droits sont gratuits, ou ont été achetées à des agences de presse, telles que Gamma ou Sypa. Enfin,nous avons pu nous servir des cartes mises à notre disposition gratuitement par le TPIY et la société Michelin. Au total, l'exposition compte environ 75 illustrations (5 par panneaux). Entretiens
Nous avons eu des entretiens avec Monsieur le Président Antonio Cassesse (Italie), Madame le Procureur Arbour (Canada), Madame et Monsieur les Présidents Mac Donald (USA) et Jorda (France), Messieurs les Juges, Karibi White (Nigeria), Riad (Égypte) et Stephen (Australie), Madame le Greffier de Sampayo (Pays Bas), Madame Pantz, (France) Responsable d’une équipe d’enquêteurs, Madame Cisse (du bureau du Procureur), Monsieur Wladimoroff, Avocat au Tribunal Pénal International (Pays Bas), des personnes chargées plus particulièrement des questions de détention, Monsieur Gerlach, Responsable technique de la salle d'audience.
Des extraits de ces entretiens sont cités sur les panneaux de l'exposition, avec l'accord des intéressés. Inauguration
L'inauguration a eu lieu le 20 Février 1998, au Palais de Justice de Paris, y étaient invités en qualité d’intervenants :
Madame Gabrielle Mac Donald : alors Présidente du TPIY, Monsieur Claude Jorda : alors Président de la Chambre de première instance I du TPIY, Madame Sylvie Pantz: alors Directrice des enquêtes auprès du Procureur, Monsieur Jean Jacques Heyntz : Greffier adjoint du TPIY, Monsieur Jean Pierre Getti : alors Magistrat, Conseiller à la Cour d'appel de Paris, Monsieur Olivier de Baynast: alors Chef du Service des Affaires Européennes et Internationales du Ministère de la Justice. qui se sont exprimés tant sur le fonctionnement des TPI que sur les perspectives d'une Justice Pénale Internationale. Avis de recherche
Après être restée trois mois au Palais de Justice de Paris, l'exposition, grâce à la collaboration active de nos amis de la FNUJA et particulièrement de Fabienne Trusse Naprous (UJA de Tarbes) et de Jean Charles Paras (UJA de Pau), a ensuite pu être vue à Nanterre, Draguignan, Tarbes, Pau, Périgueux, Nantes et enfin à Bordeaux en juin 2000.
Une promotion particulière a été organisée auprès des collèges et lycées et de nombreux élèves sont venus la visiter. De là, elle devait poursuivre sa tournée, mais elle a disparu... A-t-elle intéressé un(e) collectionneur(se) avisé(e) (interpellé(e) par le thème, les dessins de Madame Herrenschmidt ou les deux ? Les panneaux ont-ils été récupérés ou détournés pour d’autres usages, ou pire mis à la décharge ? Ont-ils été oubliés dans un coin ? Nous n’en savons rien. Mais si vous la retrouvez, merci d’appeler l’UJA de Paris. L’exposition n’a pas fini de remplir sa fonction. En attendant, pour que son contenu puisse être connu, il a été décidé de le mettre en ligne, sur le site de l’UJA de Paris. Anne Demetz, Chargée de la réalisation de l’exposition TPI Invitée permanente de l’UJA de Paris en charge des Droits Fondamentaux En savoir plus ...
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