23 octobre 2017

De la nécessité de repenser la formation initiale…

 Par Bertille HENRY et Anthony PILON, élu.e.s  EFB de l’UJA de Paris

Pour l’élève-avocat, l’EFB constitue à la fois une fin et un commencement. L’entrée à l’Ecole du Barreau marque en effet la fin de son statut d’étudiant et les premiers pas de sa future carrière professionnelle. Le rôle de l’école est donc crucial.

La formation proposée par l’EFB, qui correspond à 6 mois de cours sur les 18 mois totaux que dure la formation, contribue largement à former professionnellement les futurs avocats.

Une partie importante de la formation étant axée sur la simulation de procès et de plaidoiries, la formation proposée à l’EFB permet aux élèves d’avoir une première approche pratique de l’activité d’avocat. Les correcteurs, uniquement des juges ou des avocats, apportent un véritable regard professionnalisant sur le travail des élèves et leur conseillent les réflexes de base à adopter pour leur futur exercice.

De même, les ateliers de déontologie, uniquement basés sur des cas pratiques, permettent aux élèves d’appréhender les principes essentiels de la profession de manière pragmatique.

Cette formation professionnelle reste malgré tout largement teintée d’une dimension universitaire, ce qui suscite parfois un sentiment de déception auprès des élèves avocats.

Il est en effet parfois reproché à l’EFB un manque de souplesse et de flexibilité dans son organisation, ce qui crée des frustrations chez les élèves désireux d’aller « plus loin » dans leur formation.

Ainsi, un élève désireux d’accomplir des permanences pénales aux côtés d’un professionnel, ne pourra s’y rendre s’il a cours en même temps, car une absence lui serait alors décomptée ; l’élève désirant accomplir son semestre en alternance ne le pourra pas forcément en raison du nombre de places limité.

De même, la formation gagnerait certainement à consacrer plus de temps qu’elle ne le fait à la situation administrative et fiscale de l’avocat lors de son entrée dans la profession, et donc à la sortie de l’école. Plus de temps mériterait d’être consacré à divers aspects, tels que l’affiliation obligatoire à la CNBF en ce qui concerne les régimes d’assurance vieillesse ou d’assurance invalidité-décès et les cotisations qui en découlent, le fonctionnement de la CNBF, son financement partiel par les droits de plaidoirie, la tenue d’une comptabilité, les avocats relevant du régime fiscal des BNC, le registre des immobilisations, les dépenses déductibles, etc.

L’EFB souffre en réalité peut-être d’un mal plus profond, celle d’être un sujet politique et dépendante de l’élection, tous les deux ans, d’un nouveau Bâtonnier.

S’il est vrai qu’une formation a le besoin constant d’évoluer et de s’adapter à ceux à qui elle est dispensée, elle a besoin d’une certaine stabilité, du moins les élèves-avocats en ont besoin.

La formation initiale des élèves-avocats parisiens, avocats du Barreau de Paris de demain, nécessite une vision à moyen sinon à long terme pour remplir efficacement sa mission.

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