13 octobre 2022

Cinq questions à Anne-Laure Casado, nouvelle Présidente de l’UJA de Paris

Anne-Laure Casado a été élue, le 9 juin dernier, Présidente de l’UJA de Paris. En cette année de centenaire, elle nous livre ses projets en faveur des jeunes avocat•es.

Anne-Laure Casado  

Avocate au barreau de Paris 

Présidente de l’UJA de Paris

Que représente l’UJA de Paris pour toi ?

Anne-Laure Casado : Quand j’ai débuté dans la profession, l’UJA c’était le tarif, celui qu’on espère avoir dans le cadre de sa première collab quand on fait du droit de la famille. Au fil des années, j’ai appris à connaître l’UJA. C’est une association qui s’est fondée et continue de porter des valeurs d’égalité, de solidarité, d’entraide et de prospective. Les élus de l’UJA au sein de nos institutions portent ces valeurs, nous avons par leur biais la joie de voir nos idées et nos combats se traduire en mesures concrètes dans le quotidien de nos confrères. C’est là le sens de mon engagement, c’est le sens que je souhaite donner à ma présidence : permettre à chacun et chacune qui souhaite s’investir à l’UJA de réaliser des projets pour les jeunes avocats.

Bien évidemment, au fil des ans, l’UJA est devenu bien plus qu’une association, c’est une famille pour moi remplie de belles personnalités, différentes, contradictoires et complémentaires.

Quel est ton parcours pro et ton parcours à l’UJA ? Comment en es-tu arrivée là ?

Après avoir été associée au sein d’une structure dédiée au droit de la famille, j’ai souhaité m’installer à mon compte, toujours en exerçant exclusivement en droit de la famille, afin de pouvoir définir et créer mon propre mode de fonctionnement. Cette construction progressive d’un cabinet est un enrichissement au quotidien. Ma dernière fierté est d’avoir été reconnue parmi les meilleurs cabinets français en droit de la famille, cette reconnaissance professionnelle démontre la qualité du travail fourni.

Parallèlement à mon parcours professionnel, je me suis investie au fil des années au sein de l’UJA ; j’ai intégré la commission permanente sous la présidence de Valence Borgia. J’ai été en charge de la délégation festivités, et me suis également investie au sein des commissions collaboration, égalité et droit de la famille (dont j’ai été co-responsable pendant plusieurs années). 

En 2015, sous la Présidence d’Aminata Niakate, j’ai continué mon investissement dans ces commissions et ai été co-directrice de campagne de Pierre Hoffman et Alexandra Perquin, qui étaient alors nos candidats au Conseil de l’ordre. Puis en 2017, j’ai intégré le bureau au poste de secrétaire générale adjointe sous la présidence de Laetitia Marchand. En 2018, à 32 ans, la Commission Permanente m’a fait l’honneur de m’investir pour être candidate au Conseil de l’Ordre, aux côtés d’Eric Le Quellenec. 

Mon mandat au Conseil de l’Ordre fut une des plus belles expériences de ma vie. Je me suis notamment engagée sur les questions d’égalité professionnelle, d’harcèlement et de discrimination ainsi que de collaboration. Ce mandat est une chance merveilleuse pour porter et défendre les positions et valeurs de l’UJA, pour connaître la joie de voir nos idées, nos combats se traduire en mesure concrètes dans le quotidien de nos confrères. 

La dernière année de mon mandat, on m’a suggéré l’idée d’aller à la présidence de l’UJA, je n’y avais pas pensé, l’idée a germé en moi et j’ai eu envie de poursuivre l’aventure du collectif. Me voilà donc maintenant Présidente de l’UJA pour l’année 2022/2023.

Un projet que tu souhaiterais porter à tout prix pour cette année 2022/2023 ?

Il y en a tellement, il m’est impossible d’en choisir un seul. Cette année sera placée sous le signe de l’écoute des besoins du jeune barreau. Ainsi, il conviendra d’engager des travaux sur la notion du domicile professionnel, de le repenser au vu des évolutions de la société. Cette réflexion sur le cabinet de demain se portera également sur les nouveaux modes d’exercice pour entendre les attentes de chacun, pour donner des solutions qui soient plus conformes à la réalité et aux besoins actuels. Les nouvelles technologies ont également une part dans cette réflexion, puisque les nouveaux modèles économiques sont basés sur l’innovation.  

Entendre les besoins du jeune barreau c’est aussi se questionner sur l’égalité professionnelle, il existe toujours un écart important en termes de carrière et de rémunération entre les femmes et les hommes, ce qui est inacceptable. Nous devons apporter des solutions concrètes pour réduire progressivement cet écart. Il en sera de même avec le sujet de la parentalité et du départ des femmes de la profession. Le sujet de la RSE au sein des cabinets devra être traité dans nos réflexions. 

Entendre les besoins du jeune barreau c’est aussi recentrer les avocats comme entrepreneur en les accompagnant dans leur développement, dans leur installation. Cela passera également par le renforcement de la place de l’avocat comme partenaire des entreprises.

Enfin entendre les besoins du jeune barreau c’est aussi faire cesser les comportements déviants, pour cela j’aurais à cœur de faire évoluer SOS Collab’ pour créer une mémoire, nous permettant de croiser les victimes d’agissements réalisés par une même personne, ainsi que la création d’un partenariat avec le défenseur des droits.

100 bougies pour l’UJA de Paris, qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Un magnifique anniversaire ! 100 ans c’est une longévité exceptionnelle pour une association qui n’a pas pris une ride. La force de l’UJA repose sur sa capacité de renouvellement, de se projeter dans l’avenir, d’appréhender les évolutions de notre société et de les accompagner au soutien des confrères.

Dans le cadre de son centenaire, de nombreuses manifestations sont prévues sur l’avenir de notre profession au regard des différentes thématiques sur lesquelles travaille l’UJA. En 100 ans, beaucoup de combats ont été menés notamment le statut du collaborateur, le tarif UJA, allongement du congé maternité et paternité (devenu congé parentalité) etc. 

Toutes ces avancées ont façonné notre profession, l’UJA a eu un rôle de créateur de norme, un rôle central pour définir l’avocat d’aujourd’hui. Cette vision prospective de la profession, créatrice de l’avocat de demain, l’UJA continue de l’avoir et ce grâce à la force de sa jeunesse et à sa capacité d’anticiper les évolutions de notre profession et de les accompagner.

Que veux-tu dire à la jeune avocate et au jeune avocat qui se lancent dans la profession ?

Tout d’abord, bravo pour avoir réussi toutes ces années d’étude et bienvenue au sein de la famille des avocats. Vous intégrez une magnifique profession, une profession libre, indépendante, qui peut être exercée de mille façons différentes, au fil des années vous réussirez à trouver le mode et les modalités d’exercice qui vous conviennent. 

Quand on débute dans cette profession, on peut se sentir isoler, un peu sous l’eau les premières semaines dans sa collaboration, avoir envie de rencontrer du monde pour échanger sur sa pratique, développer son réseau professionnel : l’UJA est là pour vous aider et vous accompagner. C’est un formidable réseau d’entraide professionnelle, venez aux apéros dans un premier temps, vous y rencontrerez du monde, des gens qui auront vécu des situations similaires aux vôtres, des gens avec qui échanger sur la profession, sur sa pratique professionnelle, ou juste prendre un verre pour se changer les idées. Et puis au fur et à mesure, si les enjeux de la profession vous intéressent, si vous souhaitez prendre une part active à la construction de l’avocat de demain, vous pourrez vous investir dans nos commissions d’étude, puis au sein de la commission permanente. 

Tout le monde est le bienvenu au sein de l’UJA, donc venez à l’un de nos prochains apéros !

Enfin, vous êtes l’avenir de notre profession, c’est vous qui représentez l’avocat de demain, le barreau parisien de demain, alors faites entendre votre voix, dessiner l’avocat de demain, votre voix compte, ne l’oubliez jamais.

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Retrouvez l’intégralité de la Lettre de l’UJA en cliquant ci-dessous :

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